Évaluation de la Prise en Charge de la Douleur du Patient Drépanocytaire à l’Hôpital Central de Yaoundé

Cathérine Ninmou, Françoise Ngo Sack, Agnes Esiene, Jacqueline Ze Minkande

Abstract


But. La drépanocytose a pour maitre symptôme la douleur, laquelle nécessite une thérapeutique analgésiante dont la référence demeure la morphine. C’est un antalgique de troisième palier, classe thérapeutique peu utilisée sur le continent africain selon des études menées par l’OMS. Notre étude avait pour but de décrire la prise en charge de la douleur du patient drépanocytaire hospitalisé pour crises vaso-occlusives au service d’hémato-oncologie de l’Hôpital Central de Yaoundé. Méthodes. Nous avons mené une étude prospective, descriptive du 1er janvier au 30 juin 2014. Des drépanocytaires connus d’au moins 6 ans hospitalisés pour crise vaso-occlusive étaient recrutés. Les analgésiques utilisés et leur posologie étaient relevés pour chacun. La douleur avant et après l’administration des antalgiques était évaluée avec une Échelle Visuelle Analogique (EVA) ou une Échelle Numérique (EN) et la satisfaction du patient aux analgésiques reçus, notée. Résultats. Nous avons recruté 73 drépanocytaires homozygotes âgés de 7 à 53 ans et d’âge moyen égal à 23,04 ±8,35 ans pour un sex ratio de 1,21. Les antalgiques des paliers 1 et 2 ont été prescrits et administrés respectivement à 97.30% et 94.50%, le kétoprofène et le tramadol étant utilisés en première intention. Aucun antalgique de palier 3 n’a été utilisé. L’analgésie complète a été obtenue après quatre jours ou plus. 49 patients (67.1%) ont attribué les mentions d’appréciation les plus basses au traitement analgésique reçu et seuls 4 (5.5%) l’ont estimé excellent. Dans 53,42% des cas il a fallu soixante minutes ou plus pour que les différents produits prescrits soient disponibles. Pour tous les patients, aucun traitement n’a permis d’obtenir une analgésie dans les 30 minutes suivant son administration. Conclusion. La majorité des sujets drépanocytaires est insatisfaite du traitement antalgique reçu. Des sessions de formation du personnel sont nécessaires.

ABSTRACT
Aim. The aim of the study was to describe the management of pain of sickle cell patients hospitalized for vaso-occlusive attacks in Yaounde City. Methods. A prospective, descriptive, analytical study was carried out from January 1 to June 30, 2014 in the hemato-oncology services of the Yaounde Central Hospital. Sickle-cell patients aged 6 years or more, hospitalized for vaso-occlusive crisis were included. The type of analgesics and the dosage were recorded. Pain before and after administration of analgesics was evaluated by Visual Analog Scale for Pain (VAS Pain) or Numeric Rating Scale for Pain (NRS Pain) and patient's satisfaction with the pain relief noted. Results. Seventy-three homozygous sickle cell patients aged from 7 to 53 were recruited. Their mean age was 23.04 ± 8.35 years, and the sex ratio was 1.21. Level 1 and 2 analgesics were administered to 97.30% and level 2 to 94.50% of patients. Ketoprofen and tramadol were used in first intention. No level 3 analgesic was prescribed. Complete analgesia was obtained from the fourth day. 49 patients (67.1%) gave the analgesic treatment the lowest scores and only 4 (5.5%) rated it as excellent. No patients had therapeutic analgesia in the first 30 minutes following administration of treatment. Conclusion. Most sickle cell patients with pain are dissatisfied with their analgesic treatment. Training sessions for health personnel are mandatory.


Keywords


Douleur, Antalgiques, Drépanocytose, Yaoundé

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