Aspect epidémio-clinique et paraclinique de l'hypothyroidie de l'enfant au Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya

Louis Pépin DE DJOBBELL (idpepin@yahoo.fr)
Pédiatrie, Facu
June, 2013
 

Abstract

Introduction : L’hypothyroïdie se définit par l’absence ou la diminution de la production des hormones thyroïdiennes, liée à un hypofonctionnement de la glande thyroïde incapable de satisfaire les besoins de l’organisme. Elle représente la principale cause de retard mental évitable. En absence du dépistage systématique, il importe de rechercher dès la période néonatale les signes évocateurs en vue d’une prise en charge précoce des cas.

Nous avons donc mené la présente étude dont l’objectif principal était de décrire les manifestations cliniques et paracliniques que présentent les patients atteints d’hypothyroïdie congénitale.

Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale, descriptive qui s’est déroulée de Septembre 2012 à Mars 2013 dans le service de diabétologie du CME-FCB. Elle portait sur une population pédiatrique atteint d’hypothyroïdie congénitale. Leurs dossiers médicaux avaient été exploités après obtention des autorisations administratives et celle des parents. Ainsi, à l’aide d’une fiche technique préconçue, les informations concernant les données sociodémographiques, les antécédents, les informations cliniques et para cliniques des sujets ont été recueillies. Nous avons recherché les signes d’alertes orientant vers la suspicion d’hypothyroïdie à la naissance. L’examen clinique recherchait entre autre les signes d’hypométabolisme, et les signes d’infiltration cutanéo-muqueuse. Il évaluait aussi le retard staturo-pondéral et le développement psychomoteur des sujets. Les investigations paracliniques portaient sur le dosage des hormones de l’axe hypophyso-thyroïdien, ainsi que sur l’échographie thyroïdienne et la radiographie de la main gauche. Ces données ont été analysées à l’aide du logiciel Excel 2007.
Résultat : Huit patients âgés de 3 mois à 14 ans ont fait l’objet de la présente étude. La moyenne d’âge était de 3,8 ans et les deux sexes étaient également concernés. La notion de consanguinité n’avait pas été trouvée. La dysthyroïdie familiale était présente dans 37% des cas. Les symptômes et les signes cliniques les plus fréquents par ordre d’importance étaient : la somnolence, la macroglossie, le myxœdème étaient observés dans la moitié des cas. Puis suivait, l’ictère néonatal prolongé (37,5%) et la constipation (33%). La fontanelle antérieure large, l’hypothermie, le retard de croissance, la hernie ombilicale ainsi que la peau sèche marbrée étaient présents chez ¼ des cas respectivement. Le test de DENVER avait noté une nette prédominance des troubles de la sociabilité (62,5%). S’agissant des troubles de la motricité fine et du langage, ils étaient moins présents avec une proportion de 25% (n=2) chacun. Suivis par les troubles de la motricité globale (12,5%). Concernant la biologie 6 patients avaient tous, un taux de T4 libre en deçà des valeurs normales. La T4 Libre variait de < 10 ng/ml (limite dosable par le laboratoire) à 15 ng/ml (valeurs normales de 45 à 125 ng/ml). Par ailleurs les taux de TSH étaient très élevés chez les 8 cas variant de 9 à 643 µU/ml avec une médiane de 134,15 µU/ml.
Sur le plan morphologique l’échographie thyroïdienne mettait en évidence la présence de goitre dans 43% des cas. Dans 14% (n=1) des cas, le compte rendu échographique notait l’hypoplasie et la loge thyroïdienne vide chacun. Dans 29% (n=2) des cas, la thyroïde était de taille normale.
La scintigraphie était réalisée pour 37,5% patients (n=3) et n’a décelée aucune anomalie dans la captation, la fixation et la position de la glande thyroïde.
Conclusion : Les huit cas qui ont fait l’objet de notre étude ne reflète pas l’épidémiologie réelle de l’hypothyroïdie de l’enfant au Cameroun. La pathologie est une réalité mais encore sous diagnostiquée dans notre contexte. De plus les patients ont été diagnostiqués à un âge tardif. Les deux sexes étaient également concernés. L’ethnie des parents était similaire. Les signes fréquemment rencontrés étaient : la macroglossie, la somnolence et le myxœdème. L’on a noté une nette prédominance des troubles de la sociabilité. Sur le plan paraclinique la TSH us était élevée et la T4 libre basse. La thyroïde était en place à l’échographie. Sur le plan étiologique, la dyshormonogenèse serait la principale étiologie.


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