ALGIES ET DYSFONCTIONS DE L'APPAREIL MANDUCATEUR: A PROPOS DE 130 CAS A L'HOPITAL G2N2RAL DE DOUALA

Cristian Mouzon (christian.mouzon@yahoo.fr)
Ophtalmologie, ORL et odontostomatologie, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

INTRODUCTION

Les Algies et dysfonctions de l’Appareil manducateur sont un ensemble de troubles qui affectent les articulations temporo-mandibulaires (ATM) et/ou les muscles masticateurs, et d'autres structures associées de la tête et du cou.
Depuis plusieurs années à notre connaissance, très peu d’études ont été publiées sur cette pathologie au Cameroun, et qui devient au fil du temps, un véritable problème de santé publique. Nos travaux visent à concourir pour en apporter notre contribution.

OBJECTIFS
Notre objectif général était d’étudier les aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des ADAM à l’hôpital général de Douala. Il s’agissait de façon spécifique, de déterminer la fréquence, les facteurs de risque, les manifestations cliniques et de répertorier les différents aspects thérapeutiques, et d’évaluer le pronostic à court terme dans notre échantillon.

METHODOLOGIE
Nous avons effectué une étude rétrospective et prospective, descriptive et analytique, sur une période de neuf ans un mois, allant du mois de janvier 2004 au mois de février 2013. Le recrutement a été effectué dans les services d’ORL et de stomatologie de l’hôpital général de Douala.
Etaient inclus dans le cadre de cette étude les patients ayant consulté durant cette période et dont le diagnostic posé par le praticien ORL et confirmé par le stomatologiste était celui d’ADAM.
Etaient exclus de cette étude les patients comportant plusieurs affections intriquées autre que les ADAM, les dossiers de diagnostic discordant entre le praticien ORL et le stomatologiste, autant que les dossiers incomplets.

RESULTATS
Durant la période d’étude 130 patients souffrants d’ADAM ont été retenus sur les 6344 patients recensés dont 25 en phase prospective, et 105 en phase rétrospective
LES ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES :
 Nous avons obtenu une prévalence de 2 %.
 Le sex-ratio était de 7,43 F/ 1 H.
 61% des patients avaient un âge compris entre 20 et 40 ans et l’âge moyen était de 35 ans avec des extrêmes variant de 12 à 73 ans.
 Les femmes mariées représentaient le groupe matrimonial le plus touché soit 50 % .
 La plupart des patients étaient des ménagères (25,4 %) suivies des élèves et étudiantes (20 %).
 Les principaux facteurs de risque étaient le stress (82,3 %), la bruxomanie (80 %) et la contracture des masséters (32,3 %).
 Les facteurs de stress évoqués étaient essentiellement les disputes conjugales (12,3 %), le comportement du conjoint (11,5 %).


LES ASPECTS CLINIQUES :
 90% des cas étaient découverts lors des consultations ORL.
 Le principal motif de consultation était la douleur chez 80 % des sujets, qu’elle soit localisée aux ATM ou située à distance de celle-ci.
 Les manifestations crânio-cervico-faciales étaient dominées par l’otalgie présente chez 69,2 % patients et les acouphènes chez 40,3 % des patients.
 Les manifestations buccales et musculaires retrouvées étaient les tics et la contracture des mâchoires évoqués par 42 patients (32,3 %) et la douleur des ATM à la mastication signalée par 31 patients (23,8 %).
 Les manifestations neurologiques et sensorielles étaient dominées par la pseudobrachialgie 11,5 %.
 Les signes à l’examen de l’appareil manducateur étaient dominés par la douleur à la palpation de l’ATM 86,2 %, et la perturbation de la cinétique mandibulaire chez 31 patients (23,8 %).
 Les principaux signes retrouvés au cours de l’examen endobuccal étaient l’usure des plateaux dentaires chez 107 patients (82,3 %), et les édentations chez 39 patients (30 %).


LES ASPECTS THERAPEUTIQUES :

 40 % des patients ont reçu un traitement médical exclusif, et 60 % l’association traitement médical et gouttières occlusales.
 Les principaux produits utilisés dans le cadre du traitement médical étaient des AINS (94,6 %), des myorelaxants (92,3 %), des anxiolytiques (43,1 %) et des antalgiques (39,2 %).
 La durée du traitement médical variait entre 1 à 2 semaines, 23,8 % des patients avaient une durée de traitement de 2 semaines, et 1,5 % avaient une durée de traitement d’une semaine.
 La durée du traitement occlusal variait entre 1 à 3 mois, 30,8 % des patients avaient une durée de traitement d’un mois, 16,9 % patients une durée de 2 mois et 12,3 % des patients 3 mois de traitement.
 74,6 % des patients ont eu une évolution satisfaisante (15,4 % pour le traitement médical exclusif et 59,2 % pour le traitement occlusal et le traitement médical), nous avons constaté 10,8 % cas d’échec.

CONCLUSION
Les ADAM sont des affections fréquentes en consultation ORL du fait de leur incidence sur l’oreille interne. Leurs facteurs de risque sont nombreux (facteurs psychologiques, parafonctions, anomalies occlusales…). La confirmation du diagnostic et la prise en charge du patient doivent s’accompagner de l’avis du stomatologiste.


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