Profil bactériologique des infections urinaires nosocomiales dans un service de réanimation: cas de l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

MFOULOU ANNICK
microbiologie, hematologie, parasitologie et maladies infectieuses, Yaoundé I
February, 2013
 

Abstract

Introduction : Le service de réanimation est celui où le taux des infections nosocomiales (IN) est le plus élevé. Parmi elles, les infections urinaires sont les plus fréquentes et représentent 30 à 40% des IN. Au Cameroun, leur épidémiologie est encore parcellaire. Le but de cette étude était de déterminer la prévalence des infections urinaires nosocomiales bactériennes (IUN), leurs facteurs de risque, d’identifier les germes responsables, leur sensibilité aux antibiotiques et de rechercher les phénotypes de résistance acquise aux antibiotiques.

Méthodologie : Une étude prospective et descriptive a été menée dans le service de réanimation polyvalente de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY) et au laboratoire de bactériologie du CHU de Yaoundé, d’Octobre 2012 à Janvier 2013. Le diagnostic des IUN était basé sur les critères de la CDC. Deux prélèvements urinaires systématiques étaient effectués chez les patients inclus : à l’admission et 3 jours plus tard. Les méthodes d’analyse standard étaient utilisées, avec culture sur milieu de CLED. Le seuil de bactériurie significative était de 10 exp5 UFC/ml. Les tests de sensibilité aux antibiotiques étaient effectués par la méthode de Kirby Bauer sur milieu Muller Hinton. Les résultats obtenus ont été analysés sur CS PRO 4.1 et STATA 9 et la valeur de P < 0,05 pour les comparaisons.

Résultats : L'étude a porté sur 67 sujets. Soixante quatre étaient de sexe féminin. La moyenne d’âge était de 38,19 ans et la médiane de 36 ans. Le sondage urinaire était le principal dispositif invasif mis en place (46/67 ; 68,65%). Au total 6 infections ont été diagnostiquées chez 67 patients (8,95%). Parmi elles, 4 étaient mono microbiennes. Le germe le plus fréquemment isolé était K. pneumoniae (3/8). La majorité des germes (6/8) présentait des phénotypes de résistance acquise aux bétalactamines, 4/8 aux aminosides et 3/8 aux quinolones.

Conclusion : La prévalence des IUN bactériennes au service de réanimation de l’HGOPY est estimée à 8,95%. Le sondage urinaire est le principal facteur de risque (46/67 ; 68,65%). Les germes identifiés sont pour la plupart des entérobactéries (7/8). Ces derniers présentent des phénotypes de résistance acquise aux bétalactamines (6/8), aux aminosides (4/8) et aux quinolones (3/8). Nous recommandons pour la prévention de réduire les indications du sondage urinaire, le contrôle régulier de l’écologie bactérienne du service de réanimation afin d’adapter les protocoles d’antibiothérapie.


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