Effets du traitement non chirurgical de la parodontite chronique sur l'équilibre glycémique dans une population de patients diabétiques de type 2

Nadia-Flore Tsagué Tsobgny
Chirurgie maxillo-faciale, chirurgie buccale, Prothèse et parodontologie, Université de Yaoundé 1
July, 2015
 

Abstract

"Introduction" : Le diabète de type 2 et la parodontite chronique sont des affections de prévalence élevée. Elles entretiennent une relation à double sens basée sur l’inflammation chronique qui les sous-tend. Le diabète qui a été reconnu comme facteur de risque majeur de la parodontite est également affecté par cette dernière. La parodontite serait associée au déséquilibre glycémique chez les sujets diabétiques et aux complications, de même que le mauvais contrôle glycémique est associé à la survenue de parodontite sévère. Notre étude se propose de déterminer l’effet du traitement parodontal non chirurgical sur l’évolution de l’hémoglobine glyquée dans une population de patients diabétiques de type 2.

"Objectifs" : Évaluer l’effet du traitement non chirurgical de la parodontite chronique sur le contrôle glycémique dans une population de patients diabétiques de type 2.

"Méthodologie": Nous avons conduit un essai clinique randomisé contrôlé en simple aveugle sur 30 patients diabétiques déséquilibrés porteurs de parodontite chronique. Les patients ont été distribués en deux groupes de traitement parodontal. Le groupe test qui recevait le traitement durant l’étude et le groupe contrôle dont le traitement était différé. La durée de l’étude était de trois mois, avec comme critère de jugement primaire la variation de l’hémoglobine glyquée durant la période de suivi. Les critères de jugements secondaires étaient : l’indice de plaque, l’indice de saignement, la profondeur des poches, la perte d’attache et la protéine C-réactive. Les indices parodontaux étaient mesurés au moment de l’inclusion, à 6 semaines et à 12 semaines. Le dosage de l’HbA1c et la CRP était effectué au moment de l’inclusion et trois mois après l’inclusion. Le traitement parodontal dans le groupe test a consisté en un détartrage et surfaçage full-mouth avec polissage, instruction à l’hygiène et remise d’un kit d’hygiène orale.

"Résultats" : Nous avons examinés 70 patients diabétiques de type 2 déséquilibrés. Parmi ceux-ci, 45 d’entre eux, soit 64,7% souffraient de parodontite. Nous avons retenu 30 patients, 13 hommes et 17 femmes, dont la moyenne d’âge était de 51,4±8,8 ans, tous diabétiques connus depuis 55,5±42,6 mois avec une hémoglobine glyquée de 9,3±1,3%. Les groupes étaient comparables pour les paramètres anthropométriques, les paramètres parodontaux, l’HbA1c et la CRP. Dans le groupe test, l’indice de plaque, l’indice de saignement, la profondeur des poches et la perte d’attache qui étaient de 80,5±11,5%, 39,5±8,1%, 3±0,4mm et 3,4±0,5mm respectivement avant le traitement ont été réduit de 70,2%, 86,3%, 36,7% et 38,2% respectivement de façon significative. Dans le groupe contrôle, seule la réduction de l’indice de plaque était significative. Durant la même période, l’hémoglobine glyquée passait de 9,7±1,6% à 6,7±2% après le traitement soit une réduction de 30,9% dans le groupe test. Le groupe contrôle a démontré une amélioration non significative de l’hémoglobine glyquée de 9%. La CRP dans le groupe test est passée de 4,3±2,9mg/L à 4,1±2,5mg/L soit une amélioration de 2,3%. Dans le groupe contrôle elle était réduite de 0,3%. Ces améliorations de la CRP étaient non significatives dans les deux groupes.

"Conclusion": Dans notre population d’étude, l’amélioration de l’état parodontal après traitement était associée à une diminution significative de l’hémoglobine glyquée, probablement en rapport avec la réduction concomitante de la CRP.

"Mots clés" : diabète de type 2, parodontite chronique, contrôle glycémique, traitement non chirurgical.


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