Toucher vaginal toutes les quatre heures versus toutes les deux heures au cours du travail: influence sur le risque d’endométrite et d'infection néonatale potentiellement grave en post partum

Daniel Guy NGAMELOUKOU (ngameloukou@yahoo.fr)
Gynécologie - obstétrique, Université de Yaoundé I
July, 2017
 

Abstract

INTRODUCTION : Le toucher vaginal est largement pratiquée dans le monde, le plus souvent dans le cadre du suivi de la femme enceinte de la période gestationnelle jusqu’à l’accouchement. Cependant cette intervention serait à risque infectieux pour le couple mère/enfant.
METHODOLOGIE : Il s’agissait d’un essai clinique randomisé. Elle a été réalisée au sein des maternités de l’Hôpital Gynéco-obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé et de l’hôpital central de Yaoundé allant du 10 janvier 2017 au 4 juin 2017.
Nous avons recruté les parturientes admises dans les deux hôpitaux avec une grossesse à terme remplissant les critères d’admission à l’étude et ayant acceptées de participer à notre étude. Nous les avons divisées en deux groupes à savoir, le premier était constitué des parturientes venant accoucher le lundi-mercredi-vendredi qui ont subi le toucher vaginal toutes les deux heures et le deuxième groupe était constitué des parturientes venant accoucher le mardi-jeudi-samedi ayant subi le toucher vaginal toutes les quatre heures. Après l’accouchement nous nous les avons examiné ainsi que leur bébé pendant sept premiers jours post partum afin d’identifier d’éventuels signes infectieux. La présence d’un signe clinique était une indication à la réalisation d’une CRP chez la mère et d’une une référence chez le nouveau-né pour meilleur prise en charge. La collecte s’est faite à l’aide d’une fiche technique pré-testée et codée. Les données ont été saisies dans le logiciel CS-pro version 5.0 puis exporté dans le logiciel SPSS version 18.0 pour analyse. Les logiciels Microsoft Word et Excel 2013 ont servi pour la réalisation des tableaux. Les facteurs de risque ont été identifiés en calculant le rapport de côte (relative risk) avec leurs intervalles de confiance à 95%. Les risques liés au toucher ont été identifiés en calculant le risque relatif avec leur intervalle de confiance 95%. Les valeurs P ont été calculées avec le test de Chi carré ; et dans toute l’étude les valeurs p< 0,05 étaient considérées comme statistiquement significatives
RESULTATS : Pendant l’étude, nous avons recruté 117 parturientes, trente-neuf (39) femmes ayant subi le toucher toutes les deux heures avec une prévalence d’endométrite de 8,3% et de 36,1% pour l’infection néonatale bactérienne potentiellement grave chez leurs enfants ; et soixante-dix- huit (78) parturientes examinées toutes les quatre heures avec une incidence d’endométrite de 4,2% et de 26,4% pour l’infection néonatale potentiellement grave chez leurs enfants. A l’analyse uni-variée le seul facteur associé à l’infection néonatale est la durée de travail, qui lorsqu’elle est inférieur à 8H semble être protectrice pour la survenu de l’infection néonatale potentiellement grave en post partum (RR : 0,3 ; IC à 95% 0,2-0,5 ; P-Value 0,01). Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre la prévalence de l’endométrite et le délai des toucher vaginaux. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre la prévalence de l’infection néonatale potentiellement grave et le délai de toucher vaginal. Le risque de faire une infection néonatale potentiellement grave chez un enfant né d’une maman ayant développé une endométrite du post partum est multiplié par 4,7 (RR 4,7 ; IC à 0,9-24,3 ; valeur-P 0,04).
CONCLUSION : la prévalence d’endométrite dans la population générale est de 5,6%
Une durée de travail inférieure à 8 heures chez les parturientes examinées toutes les deux heures protège les nouveau-nés contre l’infection néonatale bactérienne potentiellement grave. La prévalence de l’endométrite et de l’infection néonatale est plus élevée chez les parturientes examinées toutes les deux heures. Le risque d’infection néonatal est multiplié par 4,7 cher les mères ayant développé une endométrite du post partum.
MOTS CLES : endométrite, post partum, infection néonatale potentiellement grave, Cameroun


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