Profil des fractures de l'extrémité distale de l'humérus chez l'adulte dans deux hôpitaux de Yaoundé

Dorvalle Sone
Chirurgie et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Contexte : La fracture de l’extrémité distale de l’humérus bien que rare chez l’adulte a une fréquence croissante au fil du temps dans les services d’urgences chirurgicales dans notre contexte. Pour mieux les prendre en charge, il est nécessaire de les connaitre. La prise en charge orthopédique chez l’adulte semble largement abandonnée de par ses conséquences et des résultats non satisfaisants.
Objectifs : L’étude portait sur la description du profil clinique de ces fractures, des modalités thérapeutiques et le pronostic fonctionnel de l’épaule et du coude obtenu après traitement.
Méthodologie : Une étude descriptive et transversale a été menée de janvier 2008 à january 2018, soit une période de 10ans selon un recrutement consécutif à l’Hôpital Central et au Centre National de Réhabilitation des personnes Handicapées Cardinal Paul E. L. de Yaoundé. Elle a consisté en une réévaluation physique des patients sous-tendue par une fiche technique préalablement conçue. Les variables étudiées étaient: sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et pronostic fonctionnel. Étaient inclus dans notre travail tout patient avec une maturité radiologique atteint de fracture et/ou de pseudarthrose et ayant volontairement accepté de participer à l’étude. Étaient exclus tout dossier incomplet, perdus de vue, fracture pathologique, épaule flottante et coude flottant. L’analyse des données a été faite à l’aide du logiciel SPSS version 23.1. L’association entre les variables qualitatives a été recherchée en utilisant le test de Chi carré lorsque l’effectif attendu était supérieur à 5 ou le test Exact de Fisher lorsqu’il était inférieur à 5. L’association entre les variables quantitatives et qualitatives a été recherchée en utilisant test de Student pour la comparaison des moyennes.
Résultats : Au total, 50 fractures de l’extrémité distale de l’humérus ont été colligées avec une prévalence de 1.23%. L’âge moyen des patients était de 43.44 ± 16.1 ans avec des extrêmes allant de 17-76 ans. Le sexe masculin étant le plus représenté (58%) avec un sex ratio de 1.38. Nous avions une prédominance à gauche soit (54%). Les fractures les plus fréquentes étaient fermées (50%) à traits complexes siégeant pour la plupart en sus et inter condylienne (60%) avec majoritairement le type 1 selon la classification de Tscherne et Gotzen soit 93,1%. Elles survenaient principalement au décours d’un accident de la voie publique (52%) suite à un mécanisme direct (98%) et touchaient pour la plupart les travailleurs du secteur informel soit 54%.Parmi nos patients, 86% ont bénéficié d’un traitement chirurgical et les 14% restant de l’ethnomédecine. La voie d’abord utilisée était la voie postérieure soit 72,1%. Les différentes méthodes chirurgicales employées seules ou en association étaient: la plaque de Lecestre (42%), le vissage (30%), les fixateurs externes (22%), les embrochages (14%), la plaque en Y (12%) et le haubanage (10%). 86% ont bénéficié de la rééducation assistée et 100% de l’auto rééducation. Les complications retrouvées étaient la raideur du coude (38%), les infections de la plaie opératoire (30%), le cal vicieux (14%), les infections sur matériel (10%), les déplacements secondaires (4%), la paralysie nerveuse et le syndrome de Volkman (2% chacun). Les patients ont été revus avec un recul minimum de 6 mois et le délai de consolidation se faisait pour la plupart entre 8 -12 semaines. La récupération fonctionnelle de l’épaule et du coude étaient normales chez la plupart de nos patients. Le score de MEPI était excellent chez 72% des patients et celui de Constant l’était chez 60%. Les patients ayant bénéficié d’une ostéosynthèse par plaque de Lecestre avait 10 fois plus de chance d’avoir un score de Constant excellent : p value <0,001. La rééducation assistée augmente les chances d’avoir d’excellents résultats.
Conclusion : Les fractures de l’humérus distal sont graves chez l’adulte à cause de leur caractère le plus souvent articulaire. Le type C étant le plus fréquent et le traitement est essentiellement chirurgical permettant une rééducation précoce et un meilleur pronostic fonctionnel.


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