Relation entre la maladie parodontale et le syndrome coronarien aigu dans trois hôpitaux du Cameroun

Odile Félicité NGUIBITI MINANGA
chirurgie buccale, maxillofaciale et parodontologie, Université de Yaoundé 1
June, 2018
 

Abstract

Contexte : Le lien unidirectionnel entre la maladie parodontale et le syndrome coronarien aigu s’explique d’une part par sa grande prévalence chez ces patients, d’autre part l’évaluation des paramètres parodontaux cliniques et des facteurs de risque favorisant l’apparition de la maladie parodontale au sein de cette même population.
Objectifs : L’étude visait à évaluer la relation entre la maladie parodontale et le syndrome coronarien aigu en milieu hospitalier.
Méthodologie : Une étude cas-témoin rétrospective et prospective a été menée dans la ville de Yaoundé au Centre Universitaire et Hospitalier, dans la ville de Douala à l’Hôpital Général et l’Hôpital Laquintinie. La collecte des données a été menée à l’aide d’une fiche technique en 2 parties : un questionnaire administré de 54 questions et une fiche d’examen clinique évaluant les indices pathologiques (PI, GI et la perte d’attache épithéliale). L’odds-ration a été calculé pour mesurer l’exposition à la maladie parodontale. Une régression analytique a été utilisée pour rechercher les facteurs associés de la maladie parodontale une différence a été considérée significative si P<0,05.
Résultats : La population d’étude globale était de 105 sujets repartis exactement en 34 cas et 71 témoins. La moyenne d’âge de la population des cas était de 58 ±9,9 des extrêmes 31 et85 ans et dans la population des témoins 33,7 ±14,2 des extrêmes de 20 et 65 ans. Une sex-ratio était de 0,98. L’indice PI était de 0,1 à 0,9 chez (52,9%) dans population cas contre celui de la population des témoins qui était compris entre 1,0 et 1,9 chez (74, 2%). La plaque dentaire était abondante chez les cas que les témoins. La population des cas avait plus de chance d’avoir une maladie parodontale que celle des témoins soit un OR=3,3 et une valeur p=0,002. Près du tiers de la population des cas avait un saignement gingival au sondage et aucun témoin n’avait de saignement au sondage. La perte d’attache épithéliale >4 mm était de (73,5%) chez les cas avec un OR= 10,6 contre 1,4% chez les témoins avec un 0R=0,1 la régression analytique a donné une valeur p=0,002, une association statistiquement significative entre la perte d’attache épithéliale et le SCA.
Conclusion : Notre étude à montre que l’état parodontal des sujets atteints de SCA est mauvais comparer à celui des témoins. Un sujet atteint de syndrome coronarien aigu a 3,3 fois plus de risque d’avoir une plaque de tartre et 10,6 fois plus de chance d’avoir des poches parodontales donc de développer une maladie parodontale.


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