Impact clinique, spychologique et socioprofessionnel des myomes utérins à propos de 101 femmes prises en charge à l'Hopital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

Barbara Emilienne Atangana Ngamveng
Gynécologie-Obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Les myomes utérins représentent les tumeurs bénignes les plus fréquentes chez la femme en âge de procréer. Ils peuvent présenter une symptomatologie diversifiée constituant un véritable handicap pour les patientes et de ce fait pourraient avoir des répercussions sur les plans psychologiques et socio-professionnels. Le souci de déterminer l’impact clinique, psychologique et socio-professionnel des myomes utérins chez les patientes camerounaises motive la présente étude.

Objectif : il s’agissait de déterminer l’impact clinique, psychologique et socio-professionnel des myomes utérins symptomatiques.

Méthodologie : Nous avons mené une étude transversale descriptive de Décembre 2017 à Mai 2018 dans le service de gynécologie et d’obstétrique de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.
Les données sociodémographiques, cliniques et paracliniques ont été obtenues auprès des patientes et dans le dossier médical. Au cours de notre étude, trois échelles ont été utilisées pour déterminer l’impact psychologique et socio-professionnel des myomes utérins dans notre population d’étude. Pour dépister l’anxiété chez nos patientes, nous avons utilisé l’échelle GAD-7 (General Anxiety Disorder-7). Pour dépister la dépression mentale chez nos patientes, nous avons utilisé l’échelle PHQ-9 (Patient Health Questionnaire-9). L’impact socio-professionnel a été évalué globalement selon l’échelle d’invalidité de Sheehan permettant de déterminer le niveau de gêne concernant la vie familiale, sociale, les loisirs et la vie professionnelle. Nous avons analysé les données en utilisant le logiciel SPSS version 23.

Résultats : nous avons inclus 101 patientes dont l’âge moyen était de 38,7 ± 7,6 ans. Les saignements anormaux à type de ménométrorragies constituaient le symptôme prédominant le plus fréquent soit 31,7% des cas. La majorité des patientes ayant réalisé une numération formule sanguine (95,1 % pour n=41) étaient atteintes d’une anémie qui était modérée dans 40,0 % des cas, microcytaire dans 92,3 % des cas et hypochrome dans 92,3 % des cas.
L’anxiété était présente chez 89,1 % des patientes. L’anxiété grave était retrouvée chez 21,8 % des patientes. Le niveau d’anxiété le plus représenté était l’anxiété modérée (46,5 %) et 20,8 % des patientes présentaient une anxiété légère.
La dépression mentale était présente chez 70,3 % des patientes. Une dépression mentale sévère était retrouvée chez 5,9 % des patientes ; 9,9 % des patientes présentaient une dépression modérément sévère. Le niveau de dépression mentale le plus représenté était la dépression modérée (29,7%) ; 24,8 % des patientes présentaient une dépression légère.
L’altération de la vie professionnelle était observée chez 87,1 % des patientes. Un degré de gêne sévère était observé dans 46,5 % des cas. Un absentéisme au travail était retrouvé chez 70,3 % des patientes et 34 soit 33,7 % d’entre elles déclaraient ne plus pouvoir exercer leur profession. Une baisse de l’efficacité professionnelle était observée par 64,4 % de nos patientes. L’altération de la vie sociale était observée chez 82,2 % des patientes. Un degré de gêne sévère était observé dans 32,7 % des cas. L’altération de la vie familiale était observée chez 73,3 % des patientes et 32,7 % des patientes déclaraient que le fait d’avoir des myomes utérins symptomatiques mettait à mal leur vie de couple. La principale cause des répercussions négatives des myomes utérins sur la vie de couple était la diminution de la fréquence ou l’absence de relations sexuelles (45,5 %).

Conclusion : Les femmes ayant des myomes utérins symptomatiques souffrent dans la majorité des cas de saignements anormaux, souvent responsables d’anémie. Les myomes utérins symptomatiques sont à l’origine de troubles psychologiques tels que l’anxiété et la dépression qui étaient retrouvé majoritairement à des degrés modérés dans notre étude. Les symptômes provoqués par les myomes utérins symptomatiques impact sur la vie sociale des patientes en particulier sur la vie sentimentale ; ainsi que sur la vie professionnelle en entrainant un absentéisme au travail et une baisse de l’efficacité professionnelle. Ces résultats nous permettent de recommander aux femmes en activité génitale de consulter dès le constat de troubles gynécologiques et aux médecins une prise en charge interdisciplinaire des patientes ayant des myomes utérins symptomatiques.


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