Base de données d'auscultation cardiopulmonaire et associations entre les anomalies à l’auscultation et à l’échographie cardiaque chez les patients ayant une cardiopathie congénitale

Maxime Joseph Wotol
pédiatrie, Université de yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction: les cardiopathies congénitales sont les malformations congénitales les plus fréquentes. Elles affectent environ un million d’enfants chaque année dans le monde. À l’examen physique, le signe le plus souvent retrouvé est le souffle cardiaque. L’introduction de l’échographie cardiaque dans les années 1970 a grandement amélioré le dépistage des porteurs de cardiopathies congénitales. Cependant l’accès à cette technologie dans nos contextes reste souvent difficile. Affinez l’auscultation cardiaque, en mettant en évidence des relations entre les caractéristiques des sons anormaux et les résultats de l’échographie cardiaque permettrait de fournir une alternative diagnostique plus accessible.
Méthodologie: Nous avons réalisé une étude transversale descriptive qui s’est déroulée au sein du CME-FCB à Yaoundé. Les enfants des deux sexes âgés de 0 à 17 ans avec souffle suspect, ou porteurs d’une malformation du cœur confirmée et non corrigée chirurgicalement.ont été inclus. Un examen clinique recherchant les circonstances de découvertes et les signes fonctionnels et physiques des enfants a été conduit par un étudiant. Un stéthoscope électronique de marque Littmann 3200 a été utilisé pour réaliser l’auscultation cardiaque. Les données auscultatoires ont été enregistrées et stockées dans un ordinateur portable. Les enregistrements ont par la suite été transmis de manière anonymisée à un spécialiste qui les interprété et a réalisé les échocardiographies des patients. Des tests statistiques ont été effectués pour évaluer l’association entre les anomalies auscultatoires et les paramètres échocardiographiques
Resultats : Nous avons évalué et enregistré l’auscultation de 54 enfants. L’âge moyen à la découverte de la malformation était de 14,5 mois. Le souffle cardiaque était l’anomalie physique la plus retrouvée, vu chez 94 % des patients. La cardiopathie la plus représentée était la CIV (37,04%), suivie de la PCA (20,37%). La Tétralogie de Fallot était la première cardiopathie cyanogène (11,11% de l’ensemble des cas). Le foyer où l’intensité maximale du souffle était perçue était fortement lié à la nature de la lésion (p=0.027). L’intensité maximale du souffle était associée aux gradients septaux ≤60mmhg (p=0.027), au gradient transvalvulaire pulmonaire (p=0.039) et à la pression artérielle pulmonaire moyenne. (p=0.001)
Conclusion : Dans le cadre des malformations du cœur, l’analyse du souffle permet l’évocation d’un diagnostic lésionnel et une évaluation primaire du pronostic. L’auscultation cardiaque peut servir au dépistage des cardiopathies congénitales.


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