Dermatite atopique chez l'enfant à l'Hopital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé: aspects épidémiologiques, cliniques et facteurs associés

Adèle Letysia Bagdaban
Médecine interne et spécialités, Université de Yaoundé i
June, 2018
 

Abstract

Introduction : La dermatite atopique (DA) est une maladie inflammatoire chronique récidivante de la peau survenant sur terrain atopique. Sa prévalence est en augmentation dans plusieurs pays depuis ces dernières décennies précisément dans les pays en voie de développement. Au Cameroun, des études ont permis de porter une considération importante à la maladie de par sa fréquence. Cependant les données épidémiologiques, cliniques et les potentiels déterminants de la DA sont rares. Nous nous sommes proposés de réaliser cette étude avec pour but d’améliorer la prévention ainsi que la prise en charge de cette pathologie.

Objectifs : Cette étude avait pour but de décrire les aspects sociodémographiques et cliniques de la population, et de déterminer les potentiels déterminants des poussées de la dermatite atopique chez les patients âgés de moins de 15 ans vus en consultation dermatologique à HGOPY.

Méthodologie : Nous avons mené une étude transversale sur une période allant du 27 Novembre 2017 au 27 Avril 2018 (5 mois). Etaient inclus tous les enfants âgés de moins de 15 ans vus en consultation au service de Dermatologie de l’HGOPY et chez qui le diagnostic de dermatite atopique était posé sur la base des critères de L’United Kingdom Working Party (UKWP) et Williams HC. Le score de sévérité (SCORAD) a été utilisé afin d’évaluer la sévérité de la maladie. L’analyse des données a été faite à l’aide du logiciel Epi-Info™ version 3.5.3.

Résultats : Le diagnostic de DA était retenu sur 105 enfants parmi les 337 reçus ; soit une prévalence de 31,15%. La moyenne d’âge était de 4 ans 3 mois et le sex ratio de 1,02. La majorité des enfants soit 73,3% vivait en zone urbaine. La majorité des mères soit 39% était travailleur du secteur informel, tandis que 52,4% des pères étaient des fonctionnaires. La majorité des parents avait un niveau d’étude supérieur. Le prurit (51,4%) et l’éruption cutanée (43,1%) étaient les symptômes les plus fréquents. L’âge moyen de début de la maladie était de 3 ans 1 mois. La xérose cutanée (92,4%) et la papule (88,6%) étaient les lésions élémentaires majeures atteignant plus les membres inférieurs (53,3%) et la tête (34,3%). La DA était modérée chez 14,13% des enfants et la complication prédominante était l’impétiginisation à 14,3%. Les atopies familiales étaient représentées par : La rhinite allergique (27,6%), l’asthme (13,3%), la pharyngite allergique (12,4%) et la conjonctivite allergique (10,5%). Ces enfants avaient une histoire d’allergie alimentaire (20%), aux piqures d’insectes (40%), à la présence de tapis/moquette (49,5%). Les produits parfumés, ainsi que le savon de ménage (26,7%) et l’huile de palmiste (39,1%) étaient les plus utilisés. De tous ces déterminants rencontrés, l’allergie alimentaire était un facteur aggravant de la poussée sévère de la dermatite atopique.
Conclusions : la DA constitue l’un des problèmes dermatologiques très fréquents chez l’enfant à HGOPY. Sa prévalence était nettement supérieure à celle de l’étude ISAAC. Les caractéristiques sociodémographiques étaient : La moyenne d’âge de 4 ans 3 mois avec un sex ratio de 1,02 et la majorité des enfants vivait en zone urbaine. L’Age moyen de début de la maladie était de 3 ans 1 mois. La xérose cutanée prédominait à 92,4%. Les membres inférieurs et la tête étaient touchés à 53 ,3% et 34,3%. La DA était modérée chez 83,79% des enfants, et l’impétiginisation était majoritairement retrouvée à 14,3%. Le facteur associé statistiquement significatif à la sévérité de la maladie était l’allergie alimentaire.


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