Facteurs associés à l'échec du traitement médical de la grossesse extra-utérine: Cas de l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

Eméric Lionnel BOTSOMOGO (belclub@hotmail.fr)
Gynécologie Obstétrique, Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : La grossesse extra-utérine est l’implantation de l’œuf fécondé hors de la cavité utérine ; la localisation étant le plus souvent tubaire. C’est une complication du 1er trimestre de grossesse et elle constitue l’une des principales causes de mortalité maternelle durant cette période. Au Cameroun où son incidence atteint 4% de la population, la grossesse extra-utérine représente la 3ème cause de mortalité maternelle avec 12,5% de décès qui lui sont dus. Sa prise en charge d’abord exclusivement chirurgicale s’est diversifiée pour laisser place à des traitements peu ou non invasif comme le traitement médical, encore sujet à de nombreux échecs thérapeutiques.
Objectif : Identifier les facteurs associés à l’échec du traitement médical de la grossesse extra-utérine chez les femmes à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude cas-témoins avec collecte rétrospective des données, de Novembre 2017 à Mai 2018 sur une période de 10 ans allant du 1er Janvier 2008 au 31 Décembre 2017. Les cas étaient toutes les patientes prises en charge pour grossesse extra-utérine avec échec du traitement médical et les témoins celles qui avaient réussies le traitement médical de la grossesse extra-utérine. L’échantillonnage était consécutif et exhaustif. Les informations étaient collectées à l’aide d’une fiche technique qui portait sur les variables sociodémographiques, cliniques et paracliniques ainsi que sur les modalités de prise en charge chirurgicale en cas d’échec du traitement. Les données ont été analysées par les logiciels Epi info 3.5.4. et Microsoft Excel 2016. Le rapport de côtes (Odds Ratio) et son intervalle de confiance à 95% ont été utilisés pour mesurer la force d’association entre les variables étudiées et l’échec du traitement médical de la grossesse extra-utérine. Le seuil de significativité statistique P a été fixé à 5%.
Résultats : Nous avons recrutés 92 patientes dont 23 cas et 69 témoins. Les variables associées à l’échec du traitement médical de la grossesse extra-utérine après analyse uni variée étaient : un taux de β-HCG initial > 10000 UI/L (OR=3,05 ;P=0,031), un taux de β-HCG à J4 > 10000 UI/L (OR=7,15 ; P=0,000), un taux de β-HCG à J7 > à 10000 UI/L (OR=20 ;P=0,000), un score de Fernandez ≥ 13 (OR=3,09 ;P=0,020), la présence d’activité cardiaque de l’embryon (OR=2,8 ;P=0,036), l’antécédent d’interruption volontaire de grossesse (OR=2,67 ;P=0,043) et le niveau de scolarisation primaire (P=0,013).
Après analyse multivariée, les facteurs prédictifs étaient : un taux de β-HCG initial >10000 UI/L (OR=8,97 ; P=0,004), un taux de β-HCG à J4 > 10000 UI/L (OR=8,44 ; P= 0,007), un score de Fernandez ≥ 13 (OR=1,12 ; P=0,005) et la présence de l’activité cardiaque de l’embryon (OR=6,09 ; P=0,026).
Conclusion : Le traitement chirurgical de la grossesse extra-utérine doit être considéré chez les patientes avec un taux initial de β-HCG > 10000 UI/L, un taux de β-HCG à J4 > 10000 UI/L, un score de Fernandez ≥ 13 ou avec activité cardiaque de l’embryon.


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