Prééclampsie-éclampsie: profil épidémiologique, clinique et thérapeutique à l'

Viviane KOULADJO KANO
Gynécologie-Obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’hypertension artérielle durant la grossesse serait la troisième des causes de mortalité maternelle après l’hémorragie sévère et les infections.
Objectifs : Notre étude avait pour but de décrire le profil épidémiologique, clinique et thérapeutique de la pré éclampsie-éclampsie à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale qui s’étendait sur une période allant du 1er Janvier 2017 au 14 Mai 2018, incluant les femmes enceintes admises dans les services de Gynéco-obstétrique ou d’Anesthésie-Réanimation pour une hypertension artérielle associée à une protéinurie, avec ou sans crises tonico cloniques.
Résultats : Au cours de notre étude, 142 cas de prééclampsie/éclampsie ont été répertoriés, sur un total de 3958 accouchements recensés, soit une fréquence de 3,6%. La moyenne d’âge de nos patientes était de 26 ans avec des extrêmes de 15 à 43 ans et la tranche d’âge de 25 à 35 ans était la plus représenté avec un taux de 44,8%. Dans 33,9% des cas, les patientes étaient des ménagères. Elles étaient célibataires dans 61,2% des cas (n=71). L’âge gestationnel moyen était de 35.86± 4.08 semaines de grossesse avec des extrêmes de 18 à 41 semaines de grossesse. Dans 65,5% des cas, l’âge gestationnel était compris entre 28 et 37 semaines de grossesse. Les grossesses gémellaires étaient représentées par un taux de 22,5%. Les nullipares et les primigestes étaient les plus représentés avec des taux respectifs de 37,3% et 35,3%. Dans 11,2% des cas de prééclampsie/éclampsie la grossesse n’avait bénéficié d’aucun suivi. Les principaux motifs de consultation étaient l’élévation des chiffres tensionnels (68%) et les convulsions (18%). L’antécédent familial de pré-éclampsie/éclampsie était retrouvé dans 18,97%. La moyenne de la pression artérielle était de 150 mmHg pour la pression artérielle systolique et 90 mmHg pour la pression artérielle diastolique. Des œdèmes des membres inférieurs étaient retrouvés chez 62,6% de nos patientes. L’altération de la conscience, les convulsions, la vivacité des réflexes ostéo-tendineux et les céphalées étaient les signes neurologiques les plus fréquents chez nos patientes avec des taux respectifs de 18,1%, 18,1%, 20,8% et 14,9%. Les douleurs abdominales et épigastriques en barre étaient les signes digestifs les plus représentés chez nos patientes avec des taux respectifs de 21,1% et 54,8%. Le principal signe hémorragique répertorié était l’épistaxis avec un taux de 4,3%. La nicardipine était le principal traitement antihypertenseur injectable avec un taux de 37,1%.

Le principal traitement antihypertenseur per os était l’alpha methyldopa avec un taux de 53,4%. L’anticonvulsivant le plus utilisé était le sulfate de magnésium avec un taux de 99,1%. Dans 30,2% des cas, une corticothérapie avait été prescrite en vue de permettre la maturation pulmonaire du fœtus. Nous avons noté que dans 68,9% des cas l’accouchement se faisait par césarienne. La principale complication maternelle était l’hématome rétro placentaire tandis la prématurité était retrouvée dans 32,7% des cas. Dans 41,4%, le score d’APGAR était inférieur à 7.
Conclusion : La prééclampsie/éclampsie reste une pathologie à la fréquence élevée et à la morbidité importante. La situation peut être améliorée par un suivi régulier des patientes cibles ainsi que le maintien de la collaboration interdisciplinaire entre obstétriciens, néonatalogistes et anesthésistes-réanimateurs.


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