IVG et facteurs associés à l'infidélité féminine dans la ville de Yaoundé

Ida Flore FOTIO
Gynécologie-Obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

RESUME

INTRODUCTION : L’infidélité sexuelle d’une femme mariée est le fait d’avoir des rapports sexuels avec un ou plusieurs partenaires autres que son conjoint. Elle est souvent pratiquée à l’insu du mari mais parfois consentie par celui-ci. Plusieurs facteurs favorisants ont été retrouvés ainsi que des complications pouvant aller jusqu'à la dépression en passant par les IVG. Il s’agit d’un sujet sensible et lourd de conséquences sur lequel aucune étude à notre connaissance n’a encore été faite dans notre pays d’où l’intérêt de ce travail intitulé « IVG et Facteurs associés à l’infidélité féminine dans la ville de Yaoundé ».

OBJECTIFS : L’objectif général de ce travail était d’évaluer les conséquences gynécologiques associées à l’infidélité féminine dans la ville de Yaoundé. Plus spécifiquement, il s’agissait de calculer la fréquence de l’infidélité féminine, de décrire les caractéristiques sociodémographiques et obstétricales des femmes de notre étude, d’identifier les raisons et les conséquences de l’infidélité féminine et de calculer la proportion d’IVG en cas d’infidélité féminine.

METHODOLOGIE : Nous avons mené une étude descriptive du 15 Janvier au 30 Avril 2018 dans les unités de consultations externes et de CPN du CHUY et de l’HDBA ainsi que dans sept associations de femmes de la ville de Yaoundé. Nous avons inclus dans notre étude les femmes mariées sexuellement actives ayant donné leur consentement. Elles ont été entretenues sur le sujet ensuite un questionnaire anonyme leur a été remis.
Nous avons analysé les données en utilisant les logiciels Epi info version 3.5.4 et SPSS version 20.0. Le test t de Student a servi pour la comparaison des moyennes et les tests de Chi-X2 et Fischer ont permis la comparaison des proportions. Le seuil de significativité a été fixé à une valeur p < 0,05.

RESULTATS : Nous avons recruté 210 femmes répondant toutes aux critères d’inclusion. La fréquence retrouvée de l’infidélité féminine était de 26,7%. L’âge moyen était de 33, 7±5,4 ans.
Elles étaient pour la plupart de religion catholique, originaires de l’Ouest, ayant fait des études jusqu’au niveau supérieur et exerçant dans le secteur privé. Cependant, 28,6% de femmes n’avaient pas de revenu mensuel.
Les raisons les plus évoquées pour justifier leur infidélité étaient l’absence du conjoint du domicile conjugal (50%) suivi de l’insatisfaction sexuelle (41,1%).
L’infidélité avait prédisposé à la survenue des IST (39,3%), de la dépression (26,8%) et des grossesses non désirées (21,4%). L’avortement clandestin était fréquemment pratiqué en cas de grossesses (83,3%). Certaines femmes infidèles étaient victimes de violence conjugale 9 (16.1%) lorsque le conjoint avait suspecté ou découvert l’infidélité.

CONCLUSION : Les principales conséquences retrouvées dans notre étude suite à l’infidélité féminine sont les IST, la dépression, les grossesses non désirées et les IVG dans une proportion de 83,3%.


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