Analyse situationnelle de de l’approvisionnement en sang à l’Hôpital Militaire de Yaoundé

Celestine Clémence NSI
Santé publique, Université de Yaounde I
January, 2019
 
Pharmacienne de santé publique
PhD Candidate
Officier d'armées
 

Abstract

Introduction : L’offre en sang est faible au Cameroun. Le pays fait face à une augmentation des demandes induites par la situation sécuritaire aux frontières exacerbant celles plus anciennes, et impliquant de droit les structures de soins militaires.
C’est dans ce cadre que s’est inscrite l’étude sur l’état des lieux de l’approvisionnement en sang à l’Hôpital Militaire de Yaoundé. Elle visait à fournir des données sur le système d’approvisionnement en sang et produits sanguins labiles de la banque et collecter les informations nécessaires au déploiement de stratégies lui permettant d’assurer un approvisionnement efficient.
Méthodologie : L’objectif principal était de décrire le système d’approvisionnement en sang et PSL de la banque de sang de l’Hôpital Militaire de Région N°I (HMRI). Une analyse situationnelle mixte de type qualitative-quantitative à visée descriptive de l’état de l’approvisionnement en sang de la banque de l’HMRI a été réalisée, de janvier à décembre 2017 en utilisant l’outil de collecte OMS GDBS 2014.
Résultats : Au total, 1888 candidats au don ont été enregistrés. Le sexe ratio était de 4 en faveur des hommes, les bénévoles et la tranche d’âge de [18-27] ont représentés 51.67% et 58.32 % respectivement, 74.68% de dons en collecte fixe et 11% de personnes testées positives et référées pour une prise en charge adéquate. L’HMRI pratique la sélection médicale pré don et soumet 100% de ses dons de sang au dépistage des quatre ITT, c’est ainsi que respectivement 1.2%, 1.2%, 10.13% et 5.7% poches de sang ont réagi positivement aux tests ELISA pour le VIH, VHC, VHB et la Syphilis. Sur 1856 poches collectées : 22% ont été détruites, 66.3% de poches de sang servies dont 4% pour les gratuités et prises en charge militaires. Le personnel était restreint mais polyvalent et pratiquait le transfert de compétences malgré la transhumance des employés et leur statut précaire et peu motivé. Il avait mis au point un système sommaire de gestion de l’information sanitaire. Pas de soucis pour ce qui était des intrants et équipements de transfusion. Le besoin réel en sang de l’HMRI n’a pas pu être chiffré, il n'y avait pas de plan de communication sur le don de sang et la transfusion sanguine spécialement dirigé vers les établissements militaires. L’absence d’un logiciel de gestion de banque de sang a été déplorée.
Conclusion : Cette étude a montré qu’à la banque de sang de l’HMRI, une bonne capacité des ressources permettant à la banque de couvrir ses approvisionnements existe. Cependant, la nécessité de suggérer des stratégies pour une organisation efficiente du programme militaire d’approvisionnement s’impose, de même qu’un soutien communicationnel et financier de ses activités.


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