devenir maternofoetal du travail chez les femmes présentant des fœtus avec malposition de la tête fœtale

Marie FOE MBA (foembamarie@yahoo.fr)
gynécologie et obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2014
 

Abstract

Introduction

Les malpositions de la tête fœtale comprennent la position occipito postérieure (OP) avec ses variétés iliaques gauche et droite et les positions occipito transverses (OT) droite et gauche. Diagnostiquées au début du travail, plus de 90% d’entre elles rotent pour se retrouver en occipito antérieur (OA) au second stade du travail avec une incidence comprise entre 2 -13%. Elles sont associées à un mauvais pronostic materno fœtal pendant et après le travail et méritent ainsi toute notre attention. Il était donc question au cours de cette étude intitulée « devenir maternofoetal du travail chez les femmes présentant des fœtus avec malposition de la tête fœtale » de comparer les devenirs maternel et fœtal du travail des femmes ayant des fœtus avec malposition de la tête fœtale avec des femmes ayant des fœtus en position occipito antérieure.

Méthodologie
Nous avons réalisé une étude de cohorte prospective allant du 07 mars 2013 au 25 mars 2014 au Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) et à l’Hôpital Central de Yaoundé (HCY) en recrutant consécutivement 100 femmes avec fœtus en malposition (OP ou OT, groupe cas) et 100 femmes avec fœtus en OA (groupe contrôle). De plus, la grossesse devait être monofoetale et à terme. Par ailleurs, leurs caractéristiques sociodémographiques et obstétricales étaient relevées et comparées, de même que les devenirs pendant le travail de la mère et du fœtus. Les variables ont été analysées et traitées grâce au logiciel Epi info version 3.5.4 et Microsoft excel 2007. Une valeur de p<0,05 était considérée comme significative. Les tests de Kruskal-Wallis H et de Fischer exact ont été utilisés.

Résultats
L’incidence des positions OP persistantes était de 2,9%. Les caractéristiques sociodémographiques des mères montrent qu’elles étaient majoritairement âgées de 25 à 29 ans, nullipares, élèves ou étudiantes et célibataires. Un âge gestationnel (AG) ≥ à 41 semaines exposait significativement aux malpositions (RR=1,7), de même qu’une hauteur utérine (HU) ≥ 35cm (RR=1,2). Parmi les différentes positions de la tête fœtale étudiées, 58 (58%) ont persisté en OP et 22 (22%) en OT, le reste a roté (20 soit 20%) en OA durant le travail. Le devenir intrapartal des mères était significativement marqué par : une stimulation accrue du travail (RR=1,2), une phase active du travail prolongée (une durée ≥ 6h avait un RR= 1,4) de même que le deuxième stade du travail (une durée > 1h avait un RR=13,3), un taux de césarienne segmentaire transversale basse d’urgence élevé (RR=12,6), de même que celui des accouchements instrumentaux (RR=7,7) et une large réalisation d’épisiotomies médiolatérales (RR=6,2). Les nouveaux nés avaient des scores d’APGAR < 7 à la première (RR=6,6) et à la cinquième minutes (RR=7). Les décès néonataux étaient associés aux malpositions de la tête fœtale (RR=8 ; P=0,017).
Conclusion
Les malpositions de la tête fœtale sont donc associées chez la mère à un taux de stimulation élevé, un travail prolongé, une augmentation des taux de césarienne, d’accouchement instrumental et d’épisiotomie. Chez le fœtus, elles sont responsables de la survenue d’un mauvais score d’APGAR aux première et cinquième minutes et d’un risque accru de décès.

Recommandations
Nous recommandons alors leur recherche systématique en salle d’accouchement et une surveillance plus rigoureuse des parturientes concernées. Elles devraient également accouchées dans une formation sanitaire spécialisée pour les accouchements instrumentaux ou les césariennes. Enfin, le personnel de la salle d’accouchement devrait faire une césarienne d’urgence à toutes celles qui ont un poids fœtal estimé ≥ 3500g.


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