EVOLUTION DE QUELQUES PARAMETRES BIOLOGIQUES CHEZ LES PATIENTS TUBERCULEUX INFECTES OU NON PAR LE VIH AU COURS DU TRAITEMENT A L’HÔPITAL JAMOT DE YAOUNDE

Elise Guiedem (guiedemelise86@yahoo.fr)
Médecine interne, Université de Yaoundé I
June, 2013
 
Master en Sciences Biomédicales
Option Maladies Infectieuses: 2013
 

Abstract

INTRODUCTION
La tuberculose est un véritable problème de santé publique. Selon le rapport de l’OMS en 2010, près de 8,8 millions de nouveaux cas de tuberculose ont été rapportés dans le monde. 82,2% de ces cas surviennent dans les pays en développement. L’infection à VIH est venue aggraver l’incidence de la tuberculose dans le monde. De l’infection par le bacille de Koch (BK) à la maladie tuberculeuse, il existerait des phénomènes dépressifs de l’immunité cellulaire semblables à ceux observés au cours du VIH et que nous voulons évaluer au cours de ce travail.

METHODOLOGIE :
Il s’agissait d’une étude de cohorte prospective réalisée durant la période allant du 5 janvier au 29 avril 2013. Nous avons recruté consécutivement tous les patients atteints d’un premier épisode de la tuberculose dans les services de pneumologie de l’Hôpital Jamot de Yaoundé (HJY), et nous les avons répartis en 2 groupes
• Le groupe 1 : constitué de patients tuberculeux VIH négatifs (TB/VIH-)
• Le groupe 2 constitué de patients tuberculeux VIH positifs (TB/VIH+)
Nous avons prélevé 5 ml de sang sur tube EDTA puis transporté dans une glacière au CECMT de la FMSB pour les analyses biologiques.
Les logiciels Microsoft Excel 2010 et SPSS15.0 ont été utilisés pour le traitement des données. Les tests de Chi Carré ont été utilisés pour la comparaison des proportions et le test de Student ou son équivalent non paramétrique ont été utilisés pour la comparaison des variables quantitatives.

RESULTATS :
Parmi les 55 participants tuberculeux inclus, il y avait 28 femmes (50,9%) et 27 hommes (49,1). Dans le groupe 1, Les femmes étaient plus représentées avec un sexe ratio de 1,30 et les hommes étaient plus nombreux dans le groupe 2, avec un sexe ratio de 1,27.
La répartition en fonction de l’âge était différente entre les deux groupes de patients. Dans le groupe 1, 50% des patients avaient un âge compris entre 20 et 29 ans alors que 68% des patients du groupe 2 avec un âge compris entre 30 et 39 ans.
La localisation de la tuberculose était en majorité pulmonaire. Cependant nous avons noté un nombre plus élevé de TB à localisation extra pulmonaire dans le groupe TB/VIH+ (P=0,01). Le groupe 1 avait seulement 2 cas de TEP et le groupe 2 avait jusqu’à 7 cas.
Le taux de polynucléaires neutrophiles n’a connu aucune variation significative au cours du traitement.
Les taux de plaquettes et de lymphocytes totaux ont augmenté après deux mois de traitement dans les 2 groupes.
Le taux d’hémoglobine était inférieur aux valeurs standards chez les patients à l’initiation des différents traitements (P = 0,002). Le contrôle du taux dans ces deux groupes montrait toujours une différence du taux d’hémoglobine à un mois et à deux mois de traitement. Le taux d’hémoglobine augmentait de 2,7g/dl dans le groupe 1 et de 1g/dl dans le groupe 2 au bout de 2 mois de traitements
Les monocytes étaient très bas dans les deux groupes à l’initiation des traitements ; et la différence entre les deux groupes n’était pas significative (p = 0,097). Mais au cours du traitement, la restauration était plus rapide dans le groupe 1 que dans le groupe 2 (P = 0,001). Les monocytes augmentaient en moyenne de 424 cellules/mm3 dans le groupe 1 et atteignait un taux de 584/mm3 contre une augmentation de 200 cellules/mm3 dans le groupe 2 qui atteignait un taux de 281/mm3.
Les taux sanguin de LT CD4 étaient au seuil inférieur du taux normal (537/mm3) dans le groupe 1 et était très bas dans le groupe 2 (94/mm3). La différence entre les 2 groupes était significative (P = 0,000). Les CD4 augmentaient de 434 CD4/mm3 et atteignait un taux de 957/mm3 chez les patients du groupe1 contre une augmentation de 209 CD4/mm3 seulement chez les patients du groupe 2 qui atteignait un taux de 303,3/mm3 au bout de deux mois de traitement.

CONCLUSION
Notre étude a montré que l’infection par le BK entraîne une immunosuppression portant sur les LT CD4, et les monocytes et réalise aussi une anémie modérée qui se corrige progressivement au cours du traitement antituberculeux.


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