Etude de la Strongyloïdose en milieu scolaire dans quatre districts de santé de la région du Centre : Mbankomo ; Ngoumou ; Mfou ; Awae

Gerald TIEDJEM NGOULOURE (ngtiedjem@yahoo.fr)
Microbiologie parasitologie hématologie, Université de Yaounde I
June, 2014
 

Abstract

INTRODUCTION
La strongyloïdose est une helminthose causée par un Nématode de la famille des Stongyloïdidés dont seules les femelles adultes sont parasites dans la muqueuse de l’intestin grêle des Carnivores et de l’Homme. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ; elle touche 30 à 100 millions de personnes dans le monde et atteint également les carnivores domestiques, notamment les jeunes animaux dont le système immunitaire est encore immature. [1]

Cette helminthose est endémique dans les pays tropicaux ou subtropicaux et est le plus souvent asymptomatique. Lorsque la maladie est clinique, ses symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être rattachés à de nombreuses autres affections. Chez les patients immunodéprimés, cette parasitose peut être très grave à type de strongyloïdose maligne ou disséminée, voire mortelle.

Pathologie sous diagnostiquée et véritable problème de santé publique avec une prévalence en milieu scolaire à Douala au Cameroun (zones urbaine et péri-urbaine) estimée entre 8 et 19 % en 1984 [4]; il nous a paru nécessaire d’étudier la strongyloïdose dans la région du Centre avec comme objectifs spécifiques :
 Déterminer les facteurs de risques de la strongyloïdose
 Identifier les manifestations cliniques présentées par les écoliers atteints
 Identifier Strongyloïdes stercoralis dans les selles des écoliers des établissements choisis
 Evaluer la prévalence dans la région du Centre.

MATERIELS ET METHODES
Nous avons mené une étude transversale d’octobre 2013 à avril 2014 dans quatre districts de santé de la région du Centre. Il était question d’interviewer et d’examiner des écoliers de 4 établissements scolaires publics et privés à raison de 60 écoliers par établissement. Ces derniers devaient résider dans le département depuis au moins le début de la rentrée scolaire et ne pouvaient participer à l’étude qu’après obtention leur consentement éclairé (en accord avec les parents).

La phase de terrain s’est fait sur une période d’environ 8 jours. Elle consistait à l’enregistrement ; au remplissage du questionnaire et enfin au prélèvement des selles dans des pots à selles stériles et hermétiquement fermés. Ensuite les prélèvements étaient rapportés au laboratoire pour analyse.
Les données recueillies ont été saisies et analysées dans le logiciel EPI info version 3.5.4 puis traitées avec Microsoft Excel 2007.

RESULTATS
Nous avons obtenu 240 écoliers répartis dans deux établissements scolaires publics et deux établissements scolaires privés à raison d’un établissement publics et privé par département.

Le sexe ratio (M / F) était de 0,81 et la tranche d’âge de 8 à 9 ans était la plus représentée. Parmi les écoliers interrogés, 85% possédaient des animaux domestiques principalement le chien et le chat ; 28,8 % vivait à proximité d’un cours d’eau avec 24 % s’y ravitaillait régulièrement. Plus de la moitié soit 52,5 % de la population étudiée marchaient régulièrement pieds nus et 24 % présentaient des douleurs abdominales.

Nous avons eu au total 10 cas positifs soit 1 cas positif à l’examen direct et 10 cas positifs après concentration. Sur ces 10 cas seuls 3 présentaient une symptomatologie évocatrice.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Nous avons obtenu une prévalence parasitologique estimée à 4,20 %. Nous avons également remarqué une faible transmission de la strongyloïdose malgré l’identification d’un certain nombre de facteurs notamment :
 La présence des animaux domestiques surtout carnivores dans la majorité des ménages
 Plus de la majorité des enfants marchent régulièrement pieds nus
 Et 24 % des individus étudiés se ravitaillent dans les cours d’eau situés à proximité des ménages.

La mise à disposition des tests de Baermann et Lee dans les hôpitaux ; par le ministère de la santé publique ainsi que la sensibilisation des ménages par rapport au respect scrupuleux des règles hygiènes permettraient non seulement d’éviter la transmission de la maladie mais aussi son dépistage chez les individus atteints. Cette étude devrait être poursuivi dans d’autres départements du Centre voire dans d’autres régions du Cameroun. Il faudrait envisager de pratiquer les examens coprologiques au moins 3 fois par individu participant à l’étude.


********************************************************************************************