Aspects épidémiologiques et cliniques des patients atteints de sécheresse oculaire: cas de l'hôpital central de Yaoundé

Julien Cyrille NSEFOUM MBA (cyrillensefoum@gmail.com)
Ophtalmologie, Université de Yaoundé I
September, 2014
 

Abstract

ABSTRACT
Introduction : La sécheresse oculaire est une pathologie multifactorielle des glandes lacrymales et de la surface oculaire pouvant sévir à tout âge. Elle est quasi fréquente chez l’adulte à partir de 40 ans car c’est à cet âge que débute le remaniement sénile des glandes lacrymales. Elle peut s’inscrire dans le cadre d’une pathologie systémique comme le syndrome de Gougerot-Sjögren ou être isolée et influencée par des facteurs environnementaux, hormonaux ou iatrogènes.
Objectifs : Notre but était de déterminer les caractéristiques épidémiologiques et cliniques du SSO dans une population d’adultes camerounais et de ressortir les facteurs de risques associés.
Méthodologie : Nous avons réalisé une étude transversale descriptive et analytique sur une période de trois (03) mois dans le service d’ophtalmologie de l’Hôpital Central de Yaoundé. A l’aide d’un questionnaire et de tests diagnostiques tels le test de Schirmer I et le Break-up time, nous avons recueilli des informations sur l’identification, les plaintes, les antécédents et les résultats des différents tests cliniques d’une population de 216 adultes âgés d’au moins 40 ans. L’analyse statistique a été faite à l’aide des logiciels CSPro 5.0, SPSS 18 et Microsoft Excel 2007. Nous avons utilisé le test de Khi carré et le test de Fisher comme tests statistiques avec un seuil de significativité de 5% (p ˂ 0,05).
Résultats : La prévalence hospitalière du SSO dans la population étudiée était de 75,9% avec une nette prédominance féminine statistiquement significative (p=0,0004) et un sex-ratio de 1,32. La proportion de patients atteints de sécheresse oculaire dans la population féminine était de 80,49% contre 69,89% dans la population masculine. La tranche d’âge la plus atteinte était située entre 50 et 59 ans. La sensation de grain de sable et le larmoiement paradoxal étaient les principales plaintes. Le type mixte de SSO était le plus représenté devant les types évaporatif et hyposécrétoire. Le climat hormonal de la ménopause semble fortement influencer la survenue d’un SSO. Les facteurs de risque associés dans notre étude étaient l’utilisation prolongée d’écrans d’ordinateur, le séjour dans un endroit climatisé et la blépharite. Il n’y avait pas de corrélation avec le tabagisme et la chirurgie oculaire non réfractive.
Conclusion : Cette étude montre que la sécheresse oculaire est une condition clinique fréquente chez les personnes âgées de 50 à 59 ans. Elle est encore méconnue de la population générale.
Recommandations : Au vue de ce qui précède, nous suggérons aux responsables des structures compétentes de faire des séances de sensibilisation et d’éducation des patients sur le SSO, il devrait être recherché systématiquement en pratique d’ophtalmologie par des tests simples chez tout adulte âgé d’au moins 40 ans et aux étudiants en médecine d’accorder un intérêt particulier aux stages spécialisés non programmés durant leur cursus académique.
Mots clés : sécheresse oculaire - syndrome sec oculaire


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