Effets de la consommation aiguë d’alcool sur le métabolisme du glucose chez le buveur occasionnel

Justine Astrid NGANDEU NAWE
Medecine interne et spécialités, Yaoundé I
June, 2014
 

Abstract

Introduction : L’alcoolisme est un problème de santé publique. Il est associé à une morbidité et une mortalité élevées. Les effets de la consommation d’alcool varient en fonction des quantités, durée de consommation et mode de consommation. Le mode de consommation le plus observé est l’alcoolisation paroxystique intermittente ou binge drinking. En dépit des données épidémiologiques, la relation entre l’alcool et le diabète de type 2 reste controversée et dépendrait des modes de consommation. Des études chez les animaux ont montré que ce mode de consommation entraîne une résistance de l’organisme à l’insuline. Cependant, ceci n’a pas été démontré chez l’Homme. Cette étude a été entreprise pour évaluer les effets de l’alcoolisation paroxystique intermittente sur le métabolisme du glucose.
Méthodologie : Nous avons mené une étude de type expérimentale, au sein d’une population de dix volontaires (7hommes et 3femmes) adultes jeunes, âgés de 18 à 40 ans, rapportant une consommation habituelle d’alcool sur le mode paroxystique intermittent. Après une visite d’inclusion, tous les volontaires ont été explorés à 2 occasions. La première, pour la mesure de la sensibilité à l’insuline et de la sécrétion d’insuline par la technique du clamp euglycémique hyperinsulinémique ; et la deuxième, pour l’étude des effets métaboliques de la consommation aigue d’alcool. A cette occasion, nous avons mesuré la sensibilité et la sécrétion d’insuline par la technique du test court de tolérance à l’insuline avant et 10 minutes après l’ingestion en deux heures de 130 cl de bière contenant 78g d’alcool, 52g de glucides (765,6 Kcal). Le profil glycémique était monté à partir des glycémies capillaires mesurées toutes les 15 minutes pendant l’ingestion de bière. La sensibilité à l’insuline des volontaires, ainsi que la sécrétion d’insuline, a été comparée à celle d’un groupe de référence.
Résultats : Les volontaires étaient âgés de 27,6±5,67 ans ; avaient un IMC de 23,06±2,75 kg/m² ; une créatininémie de 9,23±1,12 mg/L ; et des valeurs d’ALAT de 24,7±3,03 UI. La sensibilité à l’insuline évaluée par le clamp était normale, et de M=12,73±3,42 mg/kg /min comparée à celle du groupe de référence où M= 8,10±2,28 mg/(kg.min) ; p=0,011. Néanmoins, leur sécrétion d’insuline était plus basse que celle du groupe de référence, de 36,7%, avec p=0,047. La consommation de 78g d’alcool en deux heures était associée à une tendance à l’amélioration de la sensibilité à l’insuline (KITT=2,53±0,22%/min avant et 3,11±1,15%/min après; p=0,122). La consommation de bière induisait une augmentation significative de la glycémie capillaire de 78% (p=0,001).
Conclusion : La consommation paroxystique intermittente d’alcool induit une augmentation non significative de la sensibilité à l’insuline.


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