Profil Clinique de l'Hepatite Chronique C chez les patients suivis dans les Centres Specialises de traitement au Cameroun

Zemsi Kala Armel
Internal Medicine, Faculty of Medicine and Biomedical Sciences
July, 2014
 

Abstract

RESUME

INTRODUCTION : L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la prévalence de l’hépatite C au Cameroun est comprise entre 10% et 15%. De plus, le Virus de l’Hépatite C (VHC) présente une variabilité génotypique importante, et des études ont montré une réponse thérapeutique inférieure à celle des populations caucasiennes. Dans ces conditions, il est nécessaire de disposer d’informations qui permettront de mener un suivi optimal pour le patient, tout en s’assurant d’une meilleure gestion des ressources. Or, dans notre contexte, les données sur la clinique de nos patients au moment du diagnostic ou encore sur les facteurs associés à des stades avancés de la maladie sont limitées.

OBJECTIFS : Le but de notre étude était de caractériser les aspects cliniques des patients infectés par le VHC, de décrire leur présentation au moment du diagnostic et de trouver les facteurs associés à une clinique péjorative.

METHODOLOGIE : Notre étude était transversale, et le recrutement était exhaustif. Elle s’est déroulée de Novembre 2013 à Avril 2014 dans les centres de traitement de l’hépatite C au Cameroun. Les critères d’inclusion étaient un âge supérieur à 15 ans, une infection par le VHC confirmée par une charge virale positive, et une échographie hépatique faite pendant la période de l’étude ou datant de moins de 3 mois avant le début de l’étude. Les patients sous traitement antiviral C et ceux refusant de participer n’ont pas été retenus. Les données ont été collectées à l’aide d’une fiche technique, et nous avons utilisé le Khi2 avec un risque à 5%.

RESULTATS : Au total, 280 patients ont été inclus dans cette étude. L’âge des patients était compris entre 20 et 81 ans avec une moyenne de 58,87±11,2 ans. Le ratio homme/femme était de ¾. Des facteurs de risque d’infection par le VHC ont été retrouvés chez 98% des patients. Ils étaient dominés par les scarifications, présentes chez 25% de la population, suivies d’un antécédent de chirurgie dentaire chez 20% de patients et d’IST (20% des patients). Les circonstances de diagnostic étaient le dépistage volontaire dans 31,2% de cas, une symptomatologie évocatrice d’une hépatite dans 24,7% de cas, un dépistage chez des patients diabétiques dans 10,4% de cas, et dans 10,4% des cas de façon fortuite. Pour 9,7% des patients, le diagnostic s’est posé à la suite d’un bilan pour cirrhose. Pendant l’étude, 68% des patients ne présentaient aucun signe d’infection par le virus de l’hépatite C, 11% présentaient des signes d’hépatite aigue. La proportion de nos patients au stade de cirrhose était de 12,93% (36 patients), avec 77,8% (28 patients) ayant une cirrhose compensée et 22,2% (6 patients) en cirrhose décompensée. Parmi ces patients cirrhotiques, 16,7% (6 patients) avaient une insuffisance hépatocellulaire, et le CHC était présent chez 13,9% de patients cirrhotiques (5 patients). Tous les cas de CHC étaient retrouvés chez les patient cirrhotiques, à l’exception d’un cas de CHC qui était présent chez un patient non cirrhotique, mais qui avait une coinfection au VHB. La cirrhose et le CHC étaient associés à un âge supérieur à 55 ans, à l’alcoolisme, et à un antécédent à la fois de transfusion sanguine et de chirurgie, mais pas au sexe. Les manifestations extra-hépatiques étaient présentes chez 7,14% de nos patients.

CONCLUSION : Au terme de cette étude, nous avons constaté que la plupart de nos patients infectés par le VHC étaient encore asymptomatiques, et que l’âge, l’alcoolisme, la transfusion sanguine couplée à la chirurgie étaient associés à des stades plus avancés de la maladie. Nous avons également constaté qu’une forte proportion de nos patients présentait des facteurs de risque qualifiés de mineurs dans la littérature tels que les antécédents d’IST, l’exposition dans l’entourage. Sachant que le VHC est endémique au Cameroun, des études cas-control méritent d’être menées sur ces facteurs et également sur d’autres comme les soins hospitaliers de routine afin d’évaluer leurs rôles dans la transmission de ce virus.


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