Screening phytochimique et évaluation in-vitro de l'activité anti-oxydante de Syzygium guineense Willd (Myrtaceae)

Claude Herve KHOU-KOUZ NKOULOU (khoukouzherve@yahoo.fr)
Pharmacognosie et chimie thérapeutique, Chirurgie et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2014
 

Abstract

INTRODUCTION ET OBJECTIF Les plantes constituent une précieuse source d’antioxydants naturels. Selon Pietta (2000), l'effet antioxydant des produits d'origine végétale peut être principalement attribué à des composés phénoliques, tels que les flavonoïdes, les acides phénoliques, les tanins et les diterpènes phénoliques. Les composés phénoliques jouent un rôle important dans la santé humaine en raison de leurs activités anti-inflammatoires, antiallergiques, antimicrobiennes, anticancéreuses et antivirales. Chez les plantes, ces composés empêchent la peroxydation lipidique et la modification oxydative des lipoprotéines de basse densité. Lors des précédentes études sur Syzygium guineense Willd une plante de la famille des Myrtacées, il a été reporté la présence des polyphénols, des saponines, des flavonoïdes et des stéroïdes. La présence de ces composés et le désir de découvrir de nouvelles sources végétales d’antioxydants naturels, a suscité notre intérêt pour cette plante pour la réalisation de notre étude. L’objectif de ce travail était d’évaluer in-vitro les activités anti-oxydantes des différentes parties de Syzygium guineense.

METHODOLOGIE Il s’agissait d’une étude expérimentale qui s’est étalée sur une période de 3 mois allant de Février 2014 à Avril 2014 dans les laboratoires de phytochimie et de biochimie de l’Institut de recherche Médicales et d’études des Plantes Médicinales et de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de Yaoundé. Les feuilles, l’écorce et la racine de Syzygium guineense récoltées, séchées et broyées, ont été extraites par macération dans le mélange éthanol/eau 50% (v/v) et le méthanol. Les extraits obtenus ont fait l’objet d’une analyse phytochimique et leurs activités anti-oxydantes ont été évaluées par les tests du pouvoir réducteur ferrique, phosphomolybdate, 2,2-diphenyl-1-picrylhydrazyl, 2,2’-azino-bis (acide 3-ethylbenzothiazoline-6-sulfonique), radical hydroxyle, radical nitrique, peroxydation lipidique catalase et peroxydase. L’analyse des données s’est faite grâce au logiciel de statistique SPSS 18 pour Windows, qui nous a permis à l’aide du t-test de Student pour les échantillons appariés, de pouvoir comparer les moyennes de nos différents extraits.

RESULTATS L’extrait au mélange éthanol-eau 50% (v/v) de l’écorce de Syzygium guineense avait le plus haut rendement d’extraction (16%) et la plus grande teneur en composés phénoliques (4,67 ± 0,11 mg/g MS). L’extrait méthanolique de l’écorce a montré une capacité anti-oxydante supérieure (9172,22 ± 78,37 mg AAE/gMS) aux autres extraits et à la vitamine C pour la méthode FRAP. Dans la méthode PPMB, c’est l’extrait hydro-éthanolique de l’écorce qui a montré une capacité anti-oxydante supérieure (8150 ± 135,71 mg AAE/gMS) aux autres extraits et à la vitamine C. L’extrait hydro-éthanolique de l’écorce a montré une capacité de piégeage des radicaux DPPH (5,52 ± 0,02 µg/mL) et OH (126,35 ± 1,79 µg/mL) supérieure à celle des autres extraits. Cette capacité de piégeage était inférieure à celle de la vitamine C pour le test DPPH, et supérieure pour le test OH. Pour les tests ABTS et NO c’est respectivement l’extrait méthanolique de l’écorce (14,67 ± 0,12 µg/mL) et l’extrait hydro-éthanolique des feuilles (276,19 ± 21 µg/mL) qui ont présenté les plus grandes capacités de piégeage. Cette capacité était inférieure à celle de la vitamine C. L’extrait hydro-éthanolique des feuilles ont montré une inhibition de la peroxydation lipidique supérieure aux autres extraits et à la vitamine C. L’extrait méthanolique de la racine a montré une protection de l’activité de la catalase supérieure aux autres extraits et à la vitamine C. L’extrait méthanolique de l’écorce a été la seule partie de Syzygium guineense qui a montré une protection de l’activité de la peroxydase.

CONCLUSION Au terme de cette étude il en ressort que tous les extraits de Syzygium guineense possèdent un pouvoir antioxydant. A la question de savoir quelle partie de Syzygium guineense possède le pouvoir antioxydant le plus élevé, nous retenons, au regard des résultats, que l’écorce possède une capacité de piégeage des radicaux libres et de réduction des métaux de transition supérieure à celle des autres extraits. Aucun extrait n’était supérieur aux autres sur les trois tests effectués sur les homogénats de foie. Les deux solvants d’extraction ont montré une activité anti-oxydante presque égale malgré le rendement d’extraction du mélange éthanol/eau supérieur.


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