Evaluation et prise en charge de la douleur pré et postopératoire en Odontostomatologie à Yaoundé

Anne Loelita NGALALEU TCHOKOKAM
ORL-Stomatologie, Université de Ydé 1
October, 2014
 

Abstract

RESUME

L’Odontostomatologie(OS) occupe de plus en plus une place importante dans le domaine de la santé dans notre contexte. En effet la douleur liée à la dent, représentant la majorité des motifs de consultation, amène le patient à consulter. La prise en charge adéquate de la douleur qui incite à consulter et celle induite par les soins chirurgicaux posés par le praticien, est donc un challenge permanent. La prise en charge de la douleur au cabinet dentaire a été le sujet de plusieurs études étrangères. Mais c’est un domaine encore peu exploré dans notre contexte. C’est ce qui nous a amené à conduire cette étude sur l’évaluation et la prise en charge de la douleur pré et postopératoire en Odontostomatologie à Yaoundé.
L’objectif général était d’évaluer la prise en charge de la douleur pré et postopératoire en Odontostomatologie à Yaoundé. De manière spécifique, il s’agissait d’évaluer la douleur préopératoire, d’identifier les actes opératoires les plus récurrents en Odontostomatologie, d’identifier les types d’anesthésie et les molécules utilisées, d’évaluer la douleur postopératoire pendant 48h après le soin, de décrire les protocoles de prise en charge de la douleur pré et postopératoire et enfin, d’évaluer la satisfaction des patients.
Nous avons mené une étude descriptive et prospective, qui s’est déroulée du 3février 2014 au 3avril 2014. Elle a été réalisée au sein des services d’Odontostomatologie de différentes structures hospitalières de la ville de Yaoundé. Nous avons inclus tous les patients âgés de 10 ans au moins ayant consulté le chirurgien dentiste, et ayant subi un soin chirurgical et pouvant comprendre l’échelle d’évaluation de la douleur utilisée dans notre étude : l’échelle numérique(EN). Le suivi était fait en trois étapes : avant, pendant et après la chirurgie. En phase préopératoire, il s’agissait de noter essentiellement l’identification du patient, les protocoles analgésiques utilisés avant le soin et quelques facteurs susceptibles d’influencer la douleur ressentie. Durant l’intervention, il s’agissait de noter la nature de l’acte chirurgical posé, l’usage ou non d’anesthésie (dont on précisait le type et les molécules utilisées). A la fin de l’acte opératoire, nous relevions les protocoles analgésiques employés pour la période postopératoire. Nous notions également: l’intensité de la douleur pendant 48 premières heures après le soin, et le degré de satisfaction du patient. Les données étaient recueillies à l’aide d’une fiche technique. L’analyse a été faite à l’aide du logiciel Epi info version 3.5.3 et le test de Chi carré employé pour comparer les proportions et les différences entre les moyennes des données continues à l’aide du test statistique ANOVA et des tests non-paramétriques, avec des p-values<0,05 considérées comme significatives.

RESULTATS
Soixante et un patients, dont une majorité de femmes (sex-ratio =0,69) ont été recrutés. La classe d’âge la plus représentée était celle de 20-29 ans. Il s’agissait de patients pour la plupart anxieux (62%), gardant de mauvais souvenirs des soins dentaires. La douleur préopératoire maximale ressentie deux jours avant les soins dont l’intensité moyenne était de 6,24±2,1, était supérieure à l’intensité de la douleur évaluée avant le début des soins, soit une moyenne de 2,9±3. Les chirurgies les plus réalisées étaient les extractions dentaires (70,5%), puis les pulpectomies (21,31%). La molécule anesthésique la plus employée était la lidocaïne (65,52%), majoritairement associée à de l’adrénaline (89,66%). L’anesthésie locale (53,45%) était la méthode anesthésique la plus récurrente. La douleur postopératoire était en moyenne modérée à sévère après les effets de l’anesthésie (3,17±3), légère à la 24e heure (1,20 ±1,6) et légère à la 48e heure (0,85±1,3). En phases pré et postopératoires, les associations d’antalgiques étaient majoritaires, soit 66,67% et 60% respectivement, dominés par celles du paracétamol+ibuprofène (41,67%) et paracétamol+diclofénac (26%) respectivement. En définitive, 92% des patients disaient être satisfaits de la prise en charge de la douleur.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
La prise en charge de la douleur pré et postopératoire est satisfaisante. Les différents protocoles thérapeutiques utilisés sont efficaces. Les patients sont généralement anxieux avant les soins, gardant de mauvais souvenirs des soins dentaires. Par conséquent, l’intégration de l’accompagnement psychologique des patients dans leur prise en charge pourrait améliorer la qualité des soins et leur satisfaction.
Nous recommandons d’intégrer l’évaluation continue de la douleur dans la démarche thérapeutique, ainsi que l’amélioration de la communication entre praticien et patient. La stratégie thérapeutique dépend : de l’intensité prévisible de la douleur, du patient et des éventuelles conséquences douloureuses à distance.
Mots-clés : Intensité de la douleur-Odontostomatologie-évaluation de la douleur- prise en charge.


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