Composantes de la bidirection de la PTME VIH/VHB

Hadja Inna Astasselbe Abba
Médecine Interne, Yaoundé 1
June, 2014
 

Abstract

Introduction : La bidirection définit les liens de politiques et/ou programmes établis
par deux programmes du secteur de la santé à la fois ; à savoir le programme de PTME VIH et
les étapes de la PTME du VHB en ce qui concerne notre étude. La prévention de la
transmission mère-enfant de l’hépatite virale B (PTME HVB) constitue un enjeu majeur de
santé publique au Cameroun tant il est admis : (I) que la prévalence de la maladie est estimée
à 10% ; (II) que le principal mode de transmission est réputé vertical au Cameroun ; (III) que
90% des infections périnatales évoluent vers la chronicité. Avec le sida, l’HVB présente les
mêmes mécanismes de transmission et de prise en charge (PEC), tant au plan préventif qu’au
plan du traitement. L’effective décentralisation du programme de prévention de la
transmission mère-enfant (PTME) du VIH devrait donc profiter à la PTME VHB. Pourtant, la
faiblesse des activités hospitalières de PTME-VHB semble indiquer que les ressources
investies en PTME-VIH ne profitent pas à la gestion de l’infection périnatale du VHB. Aussi
la recherche a-t-elle voulue évaluer la bidirection des stratégies de lutte contre deux maladies
similaires, dans un contexte de grande vulnérabilité des populations.

Objectifs : La recherche avait pour but de décrire la bidirection des stratégies de
prévention de la transmission mère-enfant du VIH-sida et de l’hépatite virale B. De manière
spécifique, il s’est agit d’évaluer les composantes bidirectionnelles en pré-partum, en perpartum
et en post-partum de PTME VIH et VHB.

Méthodologie : De novembre 2013 à janvier 2014, l’étude de type transversale
évaluative s’est déroulée dans deux hôpitaux du Cameroun (Hôpital Régional de Ngaoundéré
et Hôpital Laquintinie de Douala). Les données ont été recueillies grâce à des questionnaires
individuels auprès des responsables et du personnel soignant des services de gynécologieobstétrique.
Les activités du programme de PTME VIH ont servi de grille d’évaluation des
activités menées pour la PTME VHB. L’analyse des écarts à permis d’établir les composantes
bidirectionnelles. Les données ont été analysées par le logiciel Epi-info version 7.

Résultats : L’échantillon comptait 40 personnes avec une répartition égale dans les
deux hôpitaux, qui menaient correctement toutes les activités de PTME VIH.
Concernant les responsables interrogés, 50% n’avaient pas reçu de formation spécifique sur
l’hépatite virale B et/ou sa TME. La moitié d’entre eux a dit demander le dépistage
sérologique de l’HVB en pré-partum mais 83,33% ne préconisaient pas de prophylaxie aux
ARV. Aucune méthode spécifique n’est utilisée en per-partum pour limiter la TME du VHB.
xxii
En post-partum, la vaccination était préconisée par 66,67% et la PEC des mères infectées
absente.
Concernant le personnel soignant interrogé, 76,47% n’avaient pas reçu de formation
spécifique sur l’HVB et/ou sa TME. En pré-partum, 41,18% avaient dit demander le dépistage
sérologique systématique du VHB. En per-partum, tous avaient dit qu’ils ne posaient les
gestes spécifiques pour limiter la TME VHB. En post-partum, 44,12% avaient dit utiliser la
vaccination, et 47,06% avaient dit qu’ils référaient à une consultation du spécialiste pour la
PEC des mères infectées.
Concernant la PTME VIH, les responsables et le personnel soignant interrogé
appliquaient toutes les mesures pour limiter la transmission périnatale de cette infection. Ils
avaient tous reçus une formation spécifique sur l’infection à VIH. En pré-partum, l’éducation
sanitaire et le dépistage et la chimioprophylaxie étaient systématiques. En per-partum, des
mesures spécifiques étaient prises pour éviter le contact entre le sang maternel et foetal et en
post-partum les ARV étaient disponibles tant pour les nouveau-nés que pour les mères
infectées.

Conclusion : Au terme de la recherche, il apparait que les trois composantes de PTME
des deux pathologies sont bien différenciées. Alors que toutes les activités des trois
composantes de PTME VIH étaient connues et programmées, la PTME VHB était dépendante
de la perception personnelle des prestataires.

La recherche suggère donc au Ministère de la Santé Publique une intégration des
services de PTME VIH et VHB pour une protection efficiente des populations camerounaises.
Elle suggère aussi aux responsables des hôpitaux de mettre sur pied des plans intégrés de
formation pour les services d’obstétrique ; de communication pour l’ensemble du personnel
de santé ; et un algorithme de PTME VHB en per-partum dans les salles d’accouchement.

Mots clés: PTME VIH, PTME VHB, bidirection, Cameroun


********************************************************************************************