Surveillance du traitement par antivitamines K chez des patients en fibrillation auriculaire:cas de 2 hôpitaux de Yaoundé

Aurélie SIBETCHEU TCHATOU
Médecine interne, Université de Yaoundé I
October, 2014
 

Abstract

Introduction. La fibrillation auriculaire (FA) est une arythmie fréquente
et son incidence croit avec l’âge. Les accidents thromboemboliques en
sont une complication grave que visent à prévenir les antivitamines
K(AVK). Mais ceux-ci exposent à un risque hémorragique justifiant donc une
surveillance rigoureuse. Le but de notre travail était de décrire cette
surveillance dans notre contexte
Méthodologie. Notre étude a été observationnelle dans les services de
cardiologie de l’Hôpital Central et de l’Hôpital Général de
Yaoundé. Nous y avons recruté des patients âgés d’au moins 18 ans, en
FA et sous AVK, et les avons suivis de Novembre 2013 à Avril 2014. Ils
étaient revus au moins 1 fois après le 1er contact. Nous avons noté leurs
données cliniques dont les antécédents associés aux risques
thrombo-embolique et hémorragique, ainsi que leurs données biologiques et
thérapeutiques. Nous avons ensuite évalué le risque thromboembolique et
hémorragique par les scores CHA2DS2-VASc et HAS-BLED respectivement. Le
temps passé dans la zone cible a été évalué par l’interpolation
linéaire de Rosendaal.
Résultats. Les 27 sujets recrutés étaient âgés en moyenne de 69 ±13,9
ans. Le genre féminin prédominait. Le score CHA2DS2-VASc moyen était
4,3±1,6 signe d’un risque thromboembolique élevé. Le risque
hémorragique des patients était intermédiaire, avec un score HAS-BLED
moyen de 1,6 ±1. L’acénocoumarol était l’AVK le plus utilisé suivi
de la fluindione. Leurs posologies initiales respectives à l’introduction
étaient en moyenne de 2,3 ± 1,2mg pour le premier et 13,3 ± 5,7mg pour la
fluindione. La posologie initiale d’acénocoumarol était plus basse pour
les sujets de plus de 75 ans. Durant le suivi de 101±73 jours,
l’adaptation des posologies n’était pas faite pour 50% des INR<2, et
55,6% des INR compris entre 3 et 5. 38,7% des INR des patients étaient
compris entre 2 et 3, intervalle cible d’INR. Nos patients passaient en
moyenne 48,37% de leur temps de suivi dans l’intervalle cible d’INR.
Conclusion : La surveillance du traitement par AVK dans notre contexte
n’est pas optimale et nécessite des améliorations, surtout concernant
l’adaptation des doses en fonction des INR.


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