Facteurs environnementaux et sérologiques de la polyarthrite rhumatoïde chez les sujets camerounais

Cathy Mireille MELONG PIANTA
Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales/Médecine interne, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

La polyarthrite rhumatoïde est le rhumatisme inflammatoire le plus fréquent dans le contexte africain. Le diagnostic précoce de cette maladie permet une prise en charge rapide et limite ainsi la survenue des séquelles. L’étiologie de cette pathologie est encore peu connue et les moyens diagnostics utilisés dans les pays développés ne sont pas encore systématiquement utilisés dans notre milieu.

L’objectif de notre étude était de déterminer les facteurs environnementaux et sérologiques associés à la PR au Cameroun. Plus particulièrement, Il s’agissait dans un premier temps de vérifier si le tabac et les poussières minérales sont des facteurs de risque de développer la PR, et dans un second temps de déterminer si les anti-CCP et les FR étaient des auto-anticorps associés à la PR chez les patients camerounais.
Il s’agissait d’une étude transversale cas-témoins qui a durée 20mois et qui s’est déroulée dans le Service de Rhumatologie de l’Hôpital Central de Yaoundé, des Hôpitaux universitaires de Genève et dans les Services de Médecine Interne de l’Hôpital Général de Yaoundé et de Douala. A l’aide d’une fiche technique préconçue, les données socio-démographiques, les caractéristiques de la PR, l’examen clinique du jour du recrutement, les traitements pris par les malades atteints de PR, les co-morbidités au cours de la PR ont été recueillis. Pour chaque participant, nous avons prélevé deux tubes de sang (un tube sec et un tube EDTA) ; le tube sec a été centrifugé et le sérum a été recueilli. Ces derniers ont été congélés à
-20°C en attendant les analyses. Au moment de l’analyse, la recherche des anti-CCP et des FR ont été faite par la technique ELISA, à l’aide des kits QUANTA de la firme INOVA. La CRP a été dosée à l’aide de l’automate DxC800 de Beckman Coulter. Les données collectées ont été traitées et analysées à l’aide du logiciel Epi info 3.5.3. Les tableaux étaient réalisés à l’aide du logiciel Excel 2007.
De notre étude, il ressort que l’âge moyen de notre population d’étude était de 51,94±14.43ans. Les femmes étaient plus atteintes de PR que les hommes (sex-ratio de 1/8 en faveur des femmes). Onze patients atteints de PR fumaient contre 6 témoins. Cette différence n’était pas statistiquement significative, mais montrait que le tabac multipliait par deux le risque de développer la PR (Odds-ratio= 2.04 et la valeur P= 0.13). Le métier le plus représenté était celui de ménagère, et une seule patiente ayant la PR prenait des contraceptifs oraux.

Parmi les patients atteints de PR, 6,9% avaient un parent qui avait déjà eu cette maladie.

Sur le plan clinique, l’articulation la plus touchée étais les IPP. Les atteintes extra articulaires que nous avons retrouvées étaient composées de vascularite, de syndrome sec et de participation d’organe (poumons essentiellement). Les co-morbidités étaient composées d’hypertension artérielle, de Diabète de type 2, de syndrome de Sjogren, d’insuffisance cardiaque et de dépression. L’activité de la maladie évaluée par le DAS 28 montrait une moyenne de 2,66±1.08 ce qui indique que la PR est faiblement active dans cette série.

Les anticorps anti-CCP2 étaient présents chez 61,1%des patients et chez 10,86% des sujets contrôles. Les anti-CCP3 étaient retrouvés chez 63,9% des patients et 13,5% des sujets témoins. La présence des deux types d’anticorps (anti-CCP2 et anti-CCP3) était retrouvée chez 33,3% des patients.

Le FR IgM était présent chez 79,16% des patients et le FR IgA dans 54,16%. Chez les témoins, les IgM étaient présents chez 38,89% d’entre eux et les IgA étaient présent chez 6,75%.
En conclusion, ce travail fait clairement ressortir que parmi les facteurs environnementaux généralement associés à la PR, le Tabac n’est pas un facteur de risque de développer la PR chez les sujets camerounais. En revanche, chez les patients fumeurs, il existe deux fois plus de risque de développer la PR.

Parmi les facteurs sérologiques Les anti-CCP2 et les FR IgA étaient fortement associés à la PR dans cette étude.


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