Connaissances, attitudes et pratiques sur les moyens de prévention des complications buccales de la chimiothérapie anticancereuse à l'Hôpital Général de Yaoundé

Samuel Patrick ASSEMBE
Chirurgie buccale, Université de Yaoundé
July, 2015
 

Abstract

Introduction
Par la non-spécificité sur les cellules à division rapide de l’organisme, les molécules anticancéreuses sont responsables de l’apparition des complications buccales telles que la mucite orale, la dysgueusie, la xérostomie et les infections fongiques bactériennes ou virales. Ces complications sont responsables de la diminution de la qualité de vie du patient en provoquant des douleurs, un inconfort ou gène au cours de l’alimentation entrainant le plus souvent une malnutrition responsable de carences. Par des moyens préventifs bien définis pris par le patient avant pendant et après les cures de chimiothérapie, il a été reconnu que le maintien d’une bouche propre et en bonne santé permet d’améliorer la qualité de vie celui-ci ; d’où l’importance d’éducation thérapeutique préalablement établie par l’équipe médicale. Le but de notre étude était de déterminer les domaines pertinents de renforcement des connaissances sur les moyens de préventions des complications buccales de la chimiothérapie. Nous nous sommes ainsi proposé d’évaluer le niveau de connaissances des patients les moyens de prévention des complications buccales de la chimiothérapie à l’Hôpital Général de Yaoundé.
Méthodologie
Nous avons mené une étude transversale descriptive de Février à Avril 2015 au sein de l’Hôpital Général de Yaoundé. Nous avons procédé à un échantillonnage consécutif. Les données ont été collectées grâce à un questionnaire auto-administré, anonyme et pré-testé de 35 items. L'analyse a été réalisée à l'aide du logiciel SPSS version 20.0. L'association entre les variables a été évaluée par le test du Khi2 et une valeur de P< 0,05 était considérée comme significative.
Résultats
Notre population était constituée de 96 patients dont 40,63% d’hommes et 59,87% de femmes avec un sex-ratio de 0,7 en faveur des femmes. L’âge moyen était de 46 ans et la tranche d’âge de 30 à 40 ans était la plus représentée. Les cancers à type carcinome étaient les plus fréquentes avec 45,8%. En ce qui concerne le nombre de cures, 44% des patients interrogés avaient bénéficié de 4 cures de chimiothérapie
Dans cette étude, aucun patient n’avait de bonnes connaissances sur le sujet, 3,1% de ces patients avait des connaissances globales moyennes, 72,9% avaient des connaissances insuffisants et 23% des connaissances mauvaises, néanmoins 87 personnes (90,6%.) ont reconnu que la chimiothérapie a des complications buccales.
L’attitude globale était favorable dans 46,9% des cas et peu favorable chez 53.1% des cas en ce qui concerne les moyens de prévention des complications buccales de la chimiothérapie anticancéreuse.
Et dans le cadre de la pratique de l’hygiène bucco-dentaire chez ces patients, 42% de nos patients avaient des bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire, 36% avaient des pratiques moyennes et 22% avaient des pratiques insuffisantes de l’hygiène buccodentaire.
Conclusion
Les complications buccales de la chimiothérapie sont responsables de l’inconfort des patients au cours de leur traitement. Il est indispensable qu’ils aient des connaissances suffisantes sur les moyens de prévention et des pratiques appropriés dans la prise en charge de ces complications.
De ce fait, nous recommandons la mise en place d’un programme spécial d’information sur les complications buccales de la chimiothérapie anticancéreuse et leurs moyens de prévention, et sur la pratique de l’hygiène bucco-dentaire chez les patients sous chimiothérapie également l’association du médecin dentiste dans sa conception.


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