Facteurs de risque des parodontopathies chez les femmes camerounaises en âge de procréer

Ghislaine Njike Fokwa
Département de Chirurgie maxillo-faciale,chirurgie buccale,prothèse,parodontologie, Yaoundé I
July, 2015
 

Abstract

Introduction : la maladie parodontale est une affection d’origine infectieuse et multifactorielle atteignant les tissus de soutien de la dent. Elle ne fait l’objet d’une consultation stomatologique que dans des cas très avancés. Très peu de données sont disponibles dans notre milieu à ce sujet. Les femmes sont plus sujettes que les hommes surtout aux formes aigues de la maladie. L’objectif de notre étude est d’identifier les facteurs de risque de la maladie parodontale chez la femme camerounaise en âge de procréer.
Méthodes : afin d’identifier les facteurs de risque des parodontopathies chez la femme, nous avons procédé à une étude cas-témoin avec collecte prolective des données. L’étude portait sur 286 femmes réparties comme suit 143 pour le groupe des cas c'est-à-dire ayant la maladie parodontale et 143 pour le groupe des témoins exempt de maladie. La collecte des données a été faite par le biais d’un questionnaire basé sur Le Test de susceptibilité aux maladies parodontales de l’American Academy of Periodontology et les indices de mesure des paramètres parodontaux pour l’enregistrement des données cliniques. Les variables associées à la maladie parodontale ont été identifié en calculant la valeur de p (avec p<0,05), le rapport des côtes et son intervalle de confiance.
Résultat : il ressort de notre analyse que les facteurs de risque de la maladie parodontale identifiés sont le niveau socio-économique bas [p<0,001 ; OR=6,13 IC (1,92 -21,75)] ; le statut matrimonial célibataire [p= 0,001 ; OR=2,15 IC (1,30- 3,57)] ; les antécédents familiaux de parodontopathies [p<0,001 ; OR=2,41 IC (1,38 - 4, 20)] ; la fréquence d’alimentation pour la modalité plus de trois fois par jour [p=0,004; OR=2,87 IC (1,29 - 6,47)] ; l’alimentation à consistance molle [p<0,001; OR=4,10 IC (2,13-7,93)] ; le grignotage [p<0,001 ; OR=5,46 IC (3,14 - 9,54)] ; le stress [p=0,021; OR=1,85 IC (1,06 - 3,24)] ; la présence de tartre [p<0,001 ; OR=8,82 IC (4,92 - 15,91)] ; le port de prothèse défectueuse [p=0,009 ; OR=4,71 IC (1,22 - 21,31)] ; la fréquence uni quotidienne de brossage [p<0,001 ; OR=6,96 IC (3,20 - 15,53)] ; la texture dure de la brosse à dent [p<0,001 OR=4,59 IC (2,00 - 10,83)] ; le brossage au lever [p<0,001 ;OR=14,72 IC (4,84 - 50,08)] ; la non consommation de fruits et de légumes [p<0,001 ; OR=2,78 IC [1,64 - 4,74)] ; la consommation d’alcool [p<0,001 ; OR=2,81 IC (1,65 - 4,79)]. La régression logistique démarque quatre facteurs des autres : le tartre (OR=8,883), l’alimentation à consistance molle (OR=13,882), les prothèses défectueuses (OR=0,124) et les antécédents familiaux de parodontopathies (OR=10,522) comme des facteurs de risque ayant une très forte liaison avec les parodontopathies.
Conclusion : Les facteurs de risque des parodontopathies chez les femmes en âge de procréer identifiés après régression logistique sont : le tartre, les antécédents familiaux de parodontopathies, port de prothèse défectueuse et l’alimentation à consistance molle. Ceux-ci serviront à guider les actions de prévention et les approches thérapeutiques.
Mots clés : Maladie parodontale, facteurs de risque, femme.


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