Analyse des facteurs d'échecs de la prothèse adjointe partielle en résine dans deux structures dentaires de la ville de Yaoundé

Fany Carole Bissick Nteme
Département de Chirurgie maxillo-faciale,chirurgie buccale,prothèse,parodontologie, Yaoundé I
July, 2015
 

Abstract

Introduction : Le traitement de l’édentement avec la prothèse adjointe partielle (P.A.P.) demeure un bon moyen pour rétablir l’équilibre de l’appareil manducateur, en particulier et de la santé en général. Les données actuelles prédisent que les besoins en ce type de prothèses vont augmenter d’ici 2020. Il existe deux types de P.A.P. (à base en résine et à châssis métallique). La P.A.P. en résine est considérée comme une prothèse transitoire surtout dans les pays développés et devrait être remplacée par une prothèse définitive souvent trois à cinq fois plus chère. Dans un contexte socioéconomique de précarité comme le nôtre, la P.A.P. en résine reste le principal moyen de correction de l’édentement. Elle doit donc être réalisée dans des conditions qui optimisent sa durée d’utilisation. C’est dans cet état de fait que cette étude a été réalisée, dans le but d’analyser les facteurs susceptibles d’entrainer les échecs des P.A.P. en résine et ainsi d’améliorer la santé des populations.
Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une étude descriptive prospective d’octobre 2014 à mai 2015 à la Clinique Dentaire Adventiste et à l’Hôpital Central de Yaoundé. L’échantillonnage était non probabiliste. Nous avons fait un recrutement consécutif de tout patient adulte venu en consultation pour souci avec sa P.A.P. en résine. Les diverses variables ont été enregistrées sur une fiche technique individuelle à la suite d’un examen buccodentaire complet et d’une observation minutieuse de la P.A.P. Les données ont été traitées à l’aide du logiciel SPSS version 18.0.0. La probabilité du hasard a été fixée au seuil du risque alpha = 5% (0,05).
Résultats : Notre étude comptait 46 participants dont 12 recrutés à la C.D.A. et 34 à l’H.C.Y. La moyenne d’âge était de 51,48 ± 13,36 ans. La population comptait 26 femmes et 20 hommes avec un sex ratio de 1,3 en faveur des femmes. La classe d’édentement de Kennedy la plus représentée était la classe 6 avec 15 participants suivie de la classe 4 avec 14 participants. Le nombre médian total de dents absentes était de 6,5. La fracture de la base prothétique était la plainte la plus fréquente parmi nos patients (n=12, 43,5%). La diminution de l’épaisseur de la résine et une gêne indescriptible étaient également fréquentes (n=8 pour chaque variable, 17,4%). Plus de 60% des prothèses ont été retouchées au moins une fois. Les causes principales d’échec étaient la diminution d’épaisseur de la résine, la fracture de la base prothétique, une gêne indescriptible. Dans notre population, 23 porteurs considéraient leurs P.A.P. comme des échecs; et pour 21 porteurs, elles étaient réussies.
Conclusion : Les facteurs d’échecs de P.A.P. en résine à l’HCY et à la CDA sont la fracture de la base prothétique, la perte d’épaisseur du matériau et une gêne lors du port de l’appareil. Le caractère transitoire de l’appareil, la fragilité de la résine, l’utilisation de la résine auto polymérisable, l’absence de polissage final, le non-respect des conseils d’usage et d’hygiène sont autant d’éléments favorisant l’échec des P.A.P. en résine


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