Devenir des inductions du travail à l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

Alice Elvire MAPINA MADOLA (maevan08@yahoo.fr)
GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE, UNIVERSITE DE YAOUNDE I
July, 2015
 

Abstract

Introduction
L’induction du travail est largement pratiquée dans le monde, le plus souvent dans les cas où la poursuite de la grossesse s’avère dangereuse pour la mère et/ou l’enfant. Cependant il s’agit d’une intervention à risque pour le couple mère/enfant. L’objectif de notre étude était d’identifier les effets de l’induction du travail sur la morbi-mortalité maternelle et fœtale.
METHODOLOGIE
Il s’agissait d’une étude de cohorte prospective, observationnelle et mono centrique. L’exposition étudiée était l’induction du travail. Elle a été réalisée au sein de la maternité de l’Hôpital Gynéco-obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé sur une période de 5 mois allant du 10 Décembre 2014 au 10 Mai 2015.
Nous avons recruté les patientes admises à la maternité de l’HGOPY avec une grossesse monofoetale à terme, en présentation céphalique et qui ont acceptées de participer à notre étude. Nous les avons divisées en deux groupes à savoir le groupe des exposés qui représentait les patientes qui ont eu une induction du travail quel que soit l’indication et le groupe des non-exposés qui ont eu un travail spontané.
Le recrutement s’est fait à l’aide d’une fiche technique pré-testée et codée.
Les données ont été saisies dans le logiciel CSPro version 5.0 puis exportées dans le logiciel SPSS version 18.0 pour l’analyse. Les logiciels Microsoft Word et Excell 2013 ont servi pour la réalisation des tableaux. Les facteurs de risque ont été identifiés en calculant les rapports de côte (Odd Ratio) avec leurs intervalles de confiance à 95%. Les risques liés aux inductions ont été identifiés en calculant les risques relatifs avec leurs intervalles de confiance à 95%. Les valeurs p ont été calculées avec le test exact de Fischer ; et dans toute l’étude les valeurs de p < 0,05 étaient considérées comme statistiquement significatives.
RESULTATS
Au cours de la période de notre étude, nous avons eu 1104 accouchements parmi lesquels 146 ont été induits ce qui nous donne un taux d’incidence à 13,22%. Parmi ces 1104 accouchements 914 étaient à terme et 127 ont été induits ce qui nous donne un taux d’incidence à 13,89%. Nous avons recruté de façon consécutive et exhaustive 247 patientes dont 122 patientes ont bénéficié d’une induction du travail et 125 patientes ont eu un travail spontané.
A l’analyse univariée, les variables qui prédisposaient à une induction du travail étaient : un âge gestationnel ≥ 41SA (OR 2,39 ; IC à 95% 1,21-4,71 ; p= 0,01) et le statut matrimonial « marié » (OR 1,89 ; IC à 95% 1,14-3,13 ; p= 0,01). Ces 2 variables restaient significatives après régression logistique.
Un âge compris entre 20-25 ans (OR 0,50 ; IC à 95% 0,26-0,98 ; p=0,04) et la profession élève/étudiante (OR 0,51 ; IC à 95% 0,30-0,88 ; p=0,01) représentaient des facteurs protecteurs de l’induction du travail.
Les patientes ayant eu une induction du travail avaient un risque plus élevé de césarienne (RR 2,56 ; IC à 95% 1,93-3,37 ; p = 0,01), de déchirure du col utérin (RR 4,61 ; IC à 95% 3,39-6,28 ; p = 0,03) et de déchirure anatomique de l’utérus (RR 6,15 ; IC à 95% 4,77 - 7,92 ; p = 0,00). Par ailleurs nous avons enregistré 3 cas de rupture utérine chez ces patientes. Il n’y a pas eu de décès maternel.
L’induction du travail réduisait significativement le risque d’épisiotomie (RR 0,41 IC à 95% 0,21 - 0,82 ; p=0,04)
Il n’y avait pas de différence statistiquement significative en ce qui concerne les complications néonatales.
CONCLUSION
L’incidence des inductions du travail dans la population générale est de 13,22%
Les patientes mariées et celles qui avaient plus de 41 semaines d’aménorrhée étaient plus à risque d’être induites
L’induction du travail augmentait le risque de césarienne, de déchirure du col utérin, et de déchirure anatomique de l’utérus.


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