EFFETS SECONDAIRES CUTANEOMUQUEUX CHEZ LES PATIENTS AU COURS DE LA CHIMIOTHERAPIE ANTICANCEREUSE A L’HOPITAL GENERAL DE YAOUNDE

AYE'E AFETANE Stéphane Arnaud (ayeeafetane@gmail.com)
Médecine Générale, Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales, Université de Yaoundé I
July, 2015
 

Abstract

INTRODUCTION
Les découvertes récentes en chimiothérapie anticancéreuse et la mise en place de nouveaux protocoles en oncologie ont permis une augmentation de la survie des patients affectés par des tumeurs. Malheureusement, cette augmentation est accompagnée par une incidence élevée des toxicités cutanéomuqueuses et une altération de la qualité de vie des patients. Ces effets secondaires dermatologiques sont en général bénin cependant d’autres sont graves et potentiellement mortels.
Une maitrise des facteurs associés et une prise en charge appropriée de ces lésions cutanéomuqueuses au cours de la chimiothérapie est nécessaire non seulement pour améliorer la qualité de vie mais aussi le pronostic clinique du patient cancéreux.
OBJECTIFS
Nous avions pour objectif de déterminer le profil épidémiologique et clinique des principales manifestations dermatologiques rencontrées chez le patient au cours de la chimiothérapie anticancéreuse à Yaoundé.
METHODOLOGIE
Nous avons mené une étude prospective à visée descriptive et analytique sur la période de Janvier à Avril 2015 (04 mois). Les patients étaient recrutés de manière consécutive dans le service d’oncologie de l’Hôpital Général de Yaoundé. Etait inclus dans l’étude, tout nouveau patient affecté par le cancer pendant la période d’étude. Nous avons déterminé le type, la fréquence, le délai d’apparition et l’évolution des effets cutanéomuqueux liés à la chimiothérapie. Pour chaque patient, un interrogatoire et un examen dermatologique étaient réalisés. Ensuite ils étaient ensuite examinés à chaque rendez-vous de leur cure de chimiothérapie.
L’analyse des données a été faite grâce aux logiciels EPI INFO version 7.1.14, IBM SPSS version 20.0, et Microsoft Excel 2013. Nous avons effectués un test de Khi-2 pour comparer les réactions cutanéomuqueuses et le type de protocole utilisé. La comparaison entre les moyennes a été déterminée par le test de Student et équivalents. Les valeurs de probabilités p < 0,05 ont été considérées comme statistiquement significatives.
Nous avons demandé une clairance éthique au près du comité institutionnel d’éthique et de la recherche de la faculté de médecine et des sciences biomédicales.
RESULTATS
Au total nous avons recruté 70 patients. Il s’agissait d’une population à majorité féminine (sex-ratio F/H= 2,8) avec un âge moyen de 47,4 ± 13 ans (allant de 25 à 90 ans). Il existait au moins une atteinte dermatologique chez 85,7% de nos patients. Les principales manifestations dermatologiques étaient l’alopécie (84,2%), l’hyperpigmentation des ongles (38,5%), l’hyperpigmentation généralisée de la peau (28,5%), la stomatite (7,1%), l’érythrodysesthésie palmo-plantaire (4,2%), la radiodermite de rappel (1,4%), et le prurit généralisé (1,4%) . L’alopécie se développait le plus après la première chimiothérapie. L’hyperpigmentation de la peau et des ongles apparaissait surtout à la deuxième chimiothérapie. Il existait une association significative entre la stomatite et la séropositivité au VIH (valeur p= 0,003).

CONCLUSION
Les manifestations dermatologiques sont fréquentes chez les patients sous chimiothérapie anticancéreuse. Elles sont dominées par l’alopécie, l’hyperpigmentation de la peau et des ongles, la stomatite, le syndrome pied-mains.


********************************************************************************************