Effet du traitement endodontique associé à une antibiothérapie per-os dans la pulpite irréversible avec parodontite apicale

Daniella Christina Ilouga
Chirurgie buccale, chirurgie maxillo faciale, et parodontologie, Yaoundé
July, 2015
 

Abstract

INTRODUCTION
A la suite du traitement endodontique, le patient peut se plaindre de douleur. Ces douleurs d’intensité légère à sévère peuvent être associées à une tuméfaction. Parmi les étiologies en cause, il semblerait que la cause microbienne soit majeure. Basé sur ce fait, l’hypothèse d’une action de l’antibiotique à la suite d’une initiation de traitement endodontique semble raisonnable. Dans la nécrose pulpaire avec atteinte péri-apicale des études concluent que la pénicilline ne réduit pas significativement la douleur, la douleur à la percussion, la tuméfaction, et le nombre d’analgésiques pour palier à ces douleurs. Une étude similaire n’a pas encore été menée sur la pulpite irréversible avec parodontite apicale. Or malgré le potentiel infectieux moindre de ce statut pulpo-péri-apical par rapport à la nécrose pulpaire des complications post-endodontiques douloureuses même aigues pourraient survenir. Cependant, vue le caractère vivant et hyper vascularisé du fait de l’inflammation des tissus du péri-apex dans cette pathologie, une action de l’antibiotique au niveau du péri-apex serait possible sur les germes incriminés dans ces complications.

Le but de cette étude était d’analyser l’apport d’une antibiothérapie per-os à la suite du traitement endodontique d’une pulpite irréversible avec parodontite apicale sur les fréquences de la douleur post endodontique et du flare-up mais aussi sur la nécessité d’usage de l’AINS pour palier à ces complications.

MÉTHODOLOGIE
Nous avons réalisé un essai clinique randomisé de Mars à Mai 2015, au sein de l’unité dentaire et du service d’odontostomatologie de l’HGY et du CHUY. Nous avons inclus dans notre étude des sujets d’au moins 15 ans, résidant à Yaoundé, sans antécédents de maladie systémique aigue ou chronique, alcoolo-tabagique, allergiques aux béta-Lactamines et à tous autres matériels utilisés dans l’étude. Ceux-ci devaient avoir au moins une dent atteinte de pulpite irréversible avec parodontite apicale. La présence de la douleur post endodontique, du flare-up et la nécessité d’usage de l’AINS étaient collectés pendant une semaine via une fiche intitulée fiche de perception de la douleur/prise d’ibuprofène. Cette fiche était donnée au malade après la première séance de traitement endodontique.


RESULTATS
L’étude à été faite sur 29 patients. Chez ces derniers on a obtenu un total de 32 dents ayant un statut de pulpite irréversible avec parodontite apicale. Après tirage au sort 14 sujets pour 14 dents appartenaient au groupe d’intervention et 15 sujets pour 18 dents appartenaient au groupe témoin.

Concernant la douleur post-endodontique sa fréquence était de 71,43% dans le GI contre 86,67% dans le GT. Quant au flare-up son incidence était de 7,14% pour le GI contre 0.00% pour le GT. La différence des complications post endodontiques douloureuses entre le groupe d’intervention et le groupe témoin n’était pas significative (p 0.05).

Pour le nombre moyen de comprimés d’ibuprofène 400mg utilisé en une semaine dans les deux groupes pour palier à ces suites post endodontique, il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les deux moyennes (p 0.05)


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