SCREENING PHYTOCHIMIQUE ET EVALUATION IN VITRO DES ACTIVITES ANTIOXYDANTES ET ANTIMICROBIENNES D’Albizia ferruginea (Guill. & Perr.) Benth. (FABACEAE)

Cressence NGWAKA (lekiarielle91@yahoo.fr)
Pharmacognosie et chimie pharmaceutique, Yaoundé I
July, 2015
 

Abstract

INTRODUCTION ET OBJECTIFS
Albizia ferruginea est une plante utilisée en médecine traditionnelle au Cameroun et dans d’autres pays d’Afrique dans le traitement des maladies d’origine microbienne et non microbienne. Une étude préliminaire des activités antioxydante et antimicrobienne in vitro a été réalisée sur les extraits d’écorces de tronc et des racines d’Albizia ferruginea.

MATERIEL ET METHODES
Le screening phytochimique a été fait par des tests colorimétriques qui ont permis de caractériser les groupes de composés contenus dans nos extraits bruts. L’évaluation du pouvoir antioxydant a été faite par la méthode de DPPH et du FRAP. L’activité antimicrobienne de ces extraits vis-à-vis de 11 souches bactériennes parmi lesquels 7 Gram- et 4 Gram+ et une souche fongique a été évaluée par la méthode de diffusion, suivie de la micro méthode de dilution en milieu liquide.

RESULTATS
L’étude de la composition phytochimique a révélé la présence des composés phénoliques, d’alcaloïdes et de saponines dans les extraits des deux parties d’Albizia ferruginea qui ont été étudiées. Les résultats des tests antioxydants ont montré qu’à la dose 75 µg/mL le pourcentage de piégeage de l’extrait hydroalcoolique total des écorces de tronc est plus élevé, aux doses 100 et 300 µg/mL, c’est l’extrait hydroalcoolique résiduel des écorces de tronc qui est le plus élevé et enfin à la dose 150 µg/ml c’est l’extrait à l’acétate d’éthyle des écorces de tronc qui est le plus élevé et les activités antiradicalaires de ces extraits sont significativement différentes (p < 0,05) et sont inférieures par rapport à celle de la vitamine C. Ces résultats montrent également que quelque soit le solvant, l’extrait de l’écorce de tronc A. ferruginea montre la plus grande activité comparée aux racines. Il ressort du test du FRAP que l’écorce de tronc est la partie de la plante qui possède la capacité antioxydante la plus élevée. Les résultats des tests antimicrobiens ont montré que pour les racines d’Albizia ferruginea l’extrait hydroalcoolique total a présenté le pouvoir antibactérien le plus élevé suivi de l’extrait hydroalcoolique résiduel pour les racines, l’extrait hydroalcoolique total était actif sur 4 des 11 souches testées, avec des diamètres d’inhibition variant de 7 à 8mm. Tandis que l’extrait hydroalcoolique résiduel a inhibé la croissance de 3 souches avec des diamètres d’inhibition variant de 7 à 10mm. Deux souches(Neisseria gonorrhoeae ATCC 49226, Pseudomonas aeruginosa ATCC 10145) ont été sensibles à tous les extraits. Les diamètres d’inhibition sur Neisseria gonorrhoeae ATCC 49226 varient de 8 à 18mm et l’extrait à l’acétate d’éthyle a été le plus actif avec un diamètre d’inhibition de 18mm.Tandis que les diamètres d’inhibiton varient de 7 à 9mm pour Pseudomonas aeruginosa ATCC 10145 avec l’extrait hexanique présentant le diamètre d’inhibition le plus élevé. Pour les écorces de tronc d’Albizia ferruginea les extraits à l’acétate d’éthyle, hydroalcoolique résiduel, hydroalcoolique total ont été actif sur la majorité des souches testées, alors que celui à l’hexane a été actif sur 4 souches et l’extrait aqueux n’a agit que sur 1 souche. En effet la croissance de 8 souches pour l’extrait à l’acétate d’éthyle, 9 souches pour l’extrait hydroalcoolique résiduel et de 7 souches pour l’extrait hydroalcoolique total sur les 11 souches testées a été inhibée ; avec les diamètres des zones d’inhibition allant de 7 à 15mm pour l’extrait à l’acétate d’éthyle ;7 à 15mm pour l’extrait hydroalcoolique résiduel et 9 à 14mm pour l’extrait hydroalcoolique total. Pour les deux parties de plante l’activité antifongique a été observée chez les extraits à l’acétate d’éthyle et hydroalcoolique résiduel avec des diamètres de 7mm chacun. Le calcul du rapport CMB/CMI a montré que les deux extraits testés avaient une action bactéricide sur les souches testées.

CONCLUSION
Au vu de l’ensemble des résultats de cette étude, il ressort que les 2 drogues représentent une source potentielle de composés antioxydants et antimicrobiens. C’est ce qui justifie en partie l’utilisation de cette plante dans le traitement des maladies infectieuses et d’autres maladies en médecine traditionnelle camerounaise.


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