EVALUATION DE LA FERRITINEMIE CHEZ LE DREPANOCYTAIRE POLYTRANSFUSE A L’HOPITAL CENTRAL DE YAOUNDE

Emeline Martine OLOUME (emeline.chloe@yahoo.fr)
Microbiologie, hématologie et maladies infectieuses, Université de Yaoundé I
June, 2013
 
Master en Sciences Biomédicales
Option Hématologie Médicale
 

Abstract

Introduction
La drépanocytose est l’hémoglobinopathie la plus répandue dans le monde. Au Cameroun situé dans une zone de forte prévalence du trait drépanocytaire, la maladie affecte environ 2% de la population. Maladie demeurée incurable, l’amélioration de la qualité de vie des sujets atteints reste un défi majeur. Par ailleurs, l’anémie est une manifestation incontournable de la maladie. Ainsi, la thérapeutique transfusionnelle est un élément non négligeable de la prise en charge des drépanocytaires. Les sujets dont le traitement relève de transfusions itératives sont exposés à une complication inéluctable : la surcharge martiale post-transfusionnelle qui est un facteur de comorbidité. En effet, il n’existe pas chez l’homme de mécanisme biologique régulateur permettant l’élimination du fer en excès.

Objectifs
Notre objectif général était d’évaluer la surcharge en fer chez le drépanocytaire polytransfusé. Pour ce faire, nous nous sommes fixé comme objectifs spécifiques de :
- Mesurer la ferritinémie chez le drépanocytaire polytransfusé.
- Déterminer la proportion des sujets ayant une hyperferritinémie.
- Déterminer le lien entre l’hyperferritinémie et le nombre de transfusion.

Méthodes
Il s'agissait d'une étude descriptive transversale. Les sujets drépanocytaires remplissant les critères de sélection de notre étude ont été recrutés de Janvier à Février 2013. Un prélèvement sanguin a été effectué pour les déterminations de la ferritine sérique par la technique Enzyme Linked Immuno-Sorbent Assay (ELISA), et de la protéine C-réactive (CRP). Les analyses statistiques ont été réalisées au moyen des logiciels Epi Infos 6, SPSS 18 et Microsoft Excel 2007. La corrélation a été testée au moyen du coefficient de corrélation de Pearson "r".

Résultats
41 drépanocytaires ont été retenus, ils avaient reçu au moins deux transfusions sanguines depuis leur naissance. L’âge variait entre 15 et 59 ans, avec une moyenne d’âge de 27,2 ± 9,84 ans. Le sexe ratio était de 1,9 en faveur du genre féminin. Les sujets avaient reçus chacun entre 2 et 18 transfusions. La transfusion simple avait été pratiquée chez tous les sujets, seul un individu ayant des antécédents d’accident vasculaire cérébral a bénéficié de deux séances d’échange transfusionnel. Les transfusions étaient en majeure partie de type thérapeutique ponctuelle avec pour indication l’anémie sévère.

Les taux de ferritinémie variaient de 31 à 1255 µg/l, l’hyperferritinémie a été retrouvée chez 46,3% des sujets soit 19 personnes. Dans notre population, 34,1% soit 14 sujets avaient une CRP < 6
mg/l. Ainsi 17% des drépanocytaires avaient une hyperferritinémie n’étant pas associée à un processus inflammatoire avec des valeurs de 242 à 1240µg/l. Notre étude montre une absence de corrélation entre la ferritinémie et le nombre de transfusions dans le groupe de sujet ayant une CRP < 6 mg/l (r = 0,02), ainsi que dans l’ensemble de la population (r =0,14).

Conclusion
La ferritine sérique est un marqueur de bonne sensibilité, mais de moins bonne spécificité pour le dépistage de la surcharge en fer chez les drépanocytaires polytransfusés à cause des processus inflammatoires fréquents. Notre étude ne permet pas d'avoir une valeur prédictive de la ferritinémie selon le nombre de transfusions reçues.


********************************************************************************************