Prévention de la transmission des virus des hépatites B et C en cabinets dentaires à Yaoundé

Hissein AMAZIA (tontonamaz@yahoo.fr)
Chirurgie buccale, chirurgie maxillo faciale, et parodontologie, Université de Yaoundé 1
June, 2015
 

Abstract

Introduction : Les hépatites B et C sont des problèmes de santé publique dans le monde, et tout particulièrement dans les pays en voie de développement. Ce sont des infections transmissibles par le sang et les fluides corporels, répandues en milieux de soins et notamment dans les cabinets dentaires. Un personnel bucco-dentaire formé et informé sur les bonnes procédures de contrôle de la transmission croisée des infections et sur la gestion de déchets biomédicaux en cabinets dentaires contribuerait à réduire la propagation de ces endémies.
Objectifs : Notre étude avait pour but d’évaluer les mesures de prévention de la transmission des virus des hépatites B et C en cabinet dentaire à Yaoundé, à travers : (i) les compétences du personnel dentaire vis-à-vis des hépatites B et C ; (ii) les méthodes de stérilisation des dispositifs médicaux ; et (iii) les stratégies de gestion de déchets en cabinet dentaire.
Méthodologie : Une étude évaluative a été menée du 1er avril au 12 mai 2015 dans les cabinets dentaires de la ville de Yaoundé. Les participants étaient des dentistes, des techniciens dentaires, des assistants dentaires et un hygiéniste. L’outil de collecte de donnée était un questionnaire auto-administré in situ de 42 questions. Les données ont été analysées par le logiciel SPSS.
Résultats: L’enquête a portée sur 38 des 47 cabinets dentaires de Yaoundé, pour un échantillon de 69 praticiens dentaires dont 48 dentistes (69,56%), 12 techniciens (17,39%), un hygiéniste (1,45%) et 8 assistants dentaires (11,59%). Quarante-six dentistes (95,83%), 12 (100%) techniciens et 8 (100%) assistants considéraient les soins dentaires comme un facteur de risque pour eux. Quarante-deux (89,36%) dentistes, 11 (91,66%) techniciens et 7 (87,5%) assistants dentaires considéraient leurs patients comme étant tous infectés. Trente et un (64,58%) dentistes, 6 (50%) techniciens et 2 (25%) assistants ont déclaré avoir été vaccinés contre l’hépatite B. Vingt-et-deux (70,96%) dentistes qui ont dit être vaccinés ont déclaré avoir reçu 3 doses de vaccin contre 5 (83,33%) techniciens et 2 (100%) assistants
Vingt-huit (40,6%) praticiens ne couvraient pas leurs bacs de décontamination et dans 60% (n=41) des cas le nettoyage du fauteuil était systématique après chaque patient. Trente-trois (47,8%) praticiens ont déclaré utiliser des autoclaves, et la solution de décontamination la plus utilisée était l’hypochlorite (69,20%).
Vingt et un dentistes (43,75%), 4 (33,33%) techniciens et 4 (50%) assistants ne savaient pas catégoriser les déchets à risques infectieux. Trente-neuf (81,25%) dentistes, 8 (66,66%) techniciens et 6 (75%) assistants considéraient les dents extraites comme des déchets à risque infectieux. Plus des ¾ (77,08% ; n=35) des dentistes, 3 (27,27%) techniciens, et 4 (50%) assistants considéraient les aiguilles et les objets tranchants comme des déchets à risque infectieux. La quasi-totalité (88, 4% ; n=61) des sujets triaient les objets tranchants, 44 (63,76%) transportaient leurs déchets dans des conteneurs commerciaux et 41 (59,42%) ne savaient pas comment les déchets étaient éliminés.
Conclusion : Nos résultats suggèrent un besoin urgent d’améliorer les compétences des praticiens des cabinets dentaires en matière (i) de prévention de la transmission des d’hépatites virales B et C, (ii) de stérilisation des dispositifs médicaux et (iii) de gestion des déchets dans les cabinets dentaires.
Mots clés : hépatite B, hépatite C, prévention, cabinets dentaires, Yaoundé.


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