Zona: Aspect évolutif de la douleur chez les PVVS à l'HCY

Fanny Christelle HOUMKOIN ABENA (fanny.abena@yahoo.fr)
Dermatologie, Universite de Yaounde I
July, 2015
 

Abstract

INTRODUCTION: le zona est une pathologie infectieuse bénigne due à la réactivation du virus varicelle-zona(VZV). Le virus est responsable de la varicelle lors de la primo infection et du zona lors des récurrences. La réactivation du virus est favorisée par l’âge avancé et l’immunodépression.La prise en charge du zona repose sur l’initiation d’un traitement antiviral spécifique dans les 72premières heures après le début de l’éruption cutanée, l’objectif étant de limiter la réplication virale et l’inflammation pour accélérer la cicatrisation, diminuer l’intensité des névralgies aigues et prévenir les complications tardives dont la névralgie post zostérienne. Peu d’études ont décrit l’aspect thérapeutique et l’évolution clinique de la maladie au cours du VIH en Afrique subsaharienne en général et au Cameroun en particulier. Le but de notre étude était de décrire les aspects cliniques et thérapeutique, et l’évolution de la névralgie zostérienne aigue au cours du VIH ; dans un contexte où le zona est considéré comme une maladie mystique et où la disponibilité des molécules antivirales et leur accessibilité financière constituent un défi à relever en vue d’un accès équitable aux soins à toutes les classes sociales.
Méthodologie: notre étude était longitudinale analytique. Elle s’est déroulée à l’hôpital de jour de l’HCY, sur une durée de trois mois ; de Mars à Mai 2015. Notre échantillonnage était consécutif et exhaustif sur la période d’étude.Ont été inclus dans notre échantillon tous les patients VIH positif, ayant présenté un zona confirmé par le dermatologue durant la période d’étude et ayant bénéficié d’un suivi d’au moins deux mois. La collecte des données s’est faite en deux étapes : le recrutement des cas qui se faisait au cours des consultations de dermatologie, et le suivi des patients au cours des rendez-vous de suivi.L’analyse des données a été faite grâce aux logiciels EPI INFO version 3.5.4. Le test de Khi-carré a été utilisé pour comparer les proportions et les associations entre les variables. La méthode de Kaplan-Meier nous a permis de construire les courbes de suivie de l’évolution de la douleur, qui ont été compare par le test de Log-Rank. Le seuil de significativité était de 5%.
Résultats: au total nous avons recruté 38 patients, avec un sex- ratio (Femme/Homme) de 3,75. Il s’agissait des patients âgés en moyenne de 39,68 ± 12,61 ans, célibataire à 44,74% (17/38). Le zona a permis le diagnostic de l’infection au VIH chez 23 patients sur les 38 (60,53%), 15 patients ont cependant développé la maladie après la découverte de la séropositivité. Huit de ces 15 patients étaient déjà sous traitement ARV et 4 d’entre eux ont présenté la maladie dans un délai de trois mois après l’initiation de la trithérapie ARV. La valeur moyenne des taux de lymphocytes CD4 de nos patients était de 212,66 ± 168,67/mm3. Des 38 patients de notre échantillon, 26 soit 68,42% ont été reçus pour des lésions dermatologiques actives. La localisation thoracique était la plus fréquente soit 34,21% (13/38). Tous nos patients se plaignaient de douleur d’intensité variable à l’inclusion, 37 patients ont présenté des douleurs d’intensité modérée à sévère. Vingt patients (52,63%) sur les 38 ont reçu le traitement antiviral spécifique à base d’acyclovir pendant 10 jours. Plus de la moitié de nos patients soit 57,90% (22/38) a eu recours à la médecine traditionnelle. Le traitement antiviral par acyclovir ne réduisait pas significativement la durée d’évolution de la douleur zostérienne aigue. L’âge a constitué un facteur protecteur contre la douleur et était correlé à une diminution rapide de sa durée d’évolution, alors que le sexe a constitué un facteur de risque d’algie sévère et prolongé.
CONCLUSION
Les patients qui venaient consulter à l’hôpital de jour de l’HCY pour zona étaient majoritairement de sexe féminin, âgés en moyenne de 39,68 ±12,61 ans.Les lésions dermatologiques actives étaient la présentation clinique la plus fréquente avec localisation thoracique prédominante.Le zona a permis le diagnostic du VIH dans 4/5 des cas environ, il était survenu à des stades variables d’immunodépression.Les douleurs d’intensité sévère à modérée étaient les plus fréquentes. La médecine traditionnelle était le recours thérapeutique de plus de la moitié de nos patients.Le traitement antiviral spécifique par acyclovir ne réduisait pas significativement la durée de la névralgie aigue. L’âge constituait un facteur protecteur contre la douleur, par contre le sexe n’influençait pas l’évolution de la douleur zostérienne aiguë dans notre échantillon.


********************************************************************************************