FACTEURS LIES A L'UTILISATION DES COSMETIQUES DEPIGMENTANT CHEZ LES ELEVES DE SEXE FEMININ DE YAOUNDE

René-Hubert MENDO'O MEDJO
Dermatologie, Université de Yaoundé 1
July, 2015
 

Abstract

Introduction :
La dépigmentation volontaire (DV) est une pratique par laquelle, une personne de sa propre initiative, s’emploie à diminuer la pigmentation physiologique de sa peau. Cette pratique, courante dans notre pays chez les jeunes femmes de 20 à 40 ans, se rencontre désormais chez une population plus jeune, les adolescentes : d’où l’intérêt de notre étude.
Objectif :
Notre étude avait pour objectif, de déterminer les facteurs liés à l’utilisation des produits dépigmentant chez les adolescentes scolarisées de Yaoundé.
Méthodologie :
Une étude transversale à visée descriptive et analytique a été menée dans la ville de Yaoundé, de Janvier 2015 à Mars 2015. Notre échantillonnage a été consécutif. Les données ont été collectées dans 4 établissements secondaires de la ville de Yaoundé (Collège Vogt, Collège Père Monti, Christian Comprehensive Secondary School et Lycée bilingue d’Application) à l’aide d’un questionnaire préconçu. Ensuite, elles ont été saisies et traitées grâce aux logiciels Epi info Version 7 et SPSS Version 17. Les différences étaient comparées avec les tests de Chi-deux et de Fisher.
Résultats :
La population d’étude comptait 624 élèves de sexe féminin, dont les âges variaient entre 12 et 35 ans, avec une moyenne d’âge à 16,3 ans. Au cours de notre enquête : 35,6 % des élèves utilisaient des produits dépigmentant. Celles-ci le faisaient majoritairement de manière quotidienne. Les principes actifs les plus représentés parmi les cosmétiques dépigmentant dont faisaient usage les élèves étaient: les dérivés mercuriels avec 46,5% pour les savons et l’hydroquinone avec 50,3% pour les laits de toilette.
Les facteurs qui auraient une influence sur l’utilisation des produits dépigmentant chez les élèves étaient : les choix des parents, les conseils des vendeurs et la perception individuelle de la dépigmentation volontaire.
Seulement 1,1% des élèves enquêtées avaient une excellente connaissance des complications de la dépigmentation volontaire. Plus encore, les complications systémiques de la dépigmentation volontaire n’étaient pas connues des élèves.
Conclusion :
L’utilisation des cosmétiques dépigmentant est une pratique fréquente chez les élèves de la ville de Yaoundé. Elles utilisent des produits nocifs pour la peau (hydroquinone) mais également l’ensemble de l’organisme (mercure). Ces adolescentes ont des mauvaises connaissances sur les complications de l’éclaircissement de la peau notamment les complications systémiques. Le faible niveau de connaissances des élèves vis-à-vis des complications de cette pratique amènerait celles-ci, à considérer cette pratique comme peu dangereuse.
Recommandations :
Au terme de notre étude, nous avons formulé comme recommandations : aux dermatologues et chercheurs: qu’ils explorent la perception des hommes vis-à-vis de la dépigmentation volontaire ainsi que, leurs attentes en matière de couleur idéale de peau et de beauté féminine ; aux étudiants en médecine: qu’ils explorent la dimension addictive de cette pratique et, réalisent des études sur les principes actifs contenus dans les produits dépigmentant présents sur notre marché ; au Ministère des Enseignements Secondaires: de sensibiliser les élèves des établissements secondaires sur les risques de cette pratique ; au Ministère du Commerce: d’intensifier les contrôles sur les cosmétiques disponibles sur le marché ; au Ministère de la Santé Publique: de sensibiliser la population sur la dépigmentation volontaire et les effets néfastes de cette pratique.


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