Profil épidémiologique et diagnostique des tumeurs vertébro-médullaires à l'Hôpital Central de Yaoundé

Ursule Joséphat Nguema Ntsama (ursulentsamaj@gmail.com)
Chirurgie et spécialités, Université de Youndé I
July, 2015
 

Abstract

PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE ET DIAGNOSTIQUE DES TUMEURS VERTEBRO-MEDULLAIRES A L’HOPITAL CENTRAL DE YAOUNDE

Pr. DJIENTCHEU Vincent De Paul1
Dr. ATANGANA Paul Jean Adrien2
NGUEMA NTSAMA Ursule Joséphat

1. Service de Neurochirurgie de l’Hôpital Central de Yaoundé
2. Service d’anatomie-pathologie du Centre Pasteur du Cameroun

Mots clés : Epidémiologie, Diagnostic, Tumeurs vertébro-médullaires.

Introduction
Le cancer est devenu une cause majeure de décès dans les pays en voie de développement ; aggravé par la difficulté supplémentaire d’un diagnostic beaucoup plus tardif. En Europe, avec une incidence de 4 cas par million d’habitants et par an, les tumeurs vertébro-médullaires ne sont pas les plus fréquentes. Mais entraînent néanmoins un handicap important dans notre milieu. Ainsi, nous avons pensé qu’il serait intéressant de déterminer la prévalence et le profil épidémiologique et diagnostique de cette pathologie pour contribuer à l’amélioration de sa prise en charge à l’Hôpital Central de Yaoundé.

Objectif
Décrire le profil épidémiologique et diagnostique des tumeurs vertébro-médullaires à l’Hôpital Central de Yaoundé.

Méthodologie
Nous avons mené une étude descriptive et transversale sur une période de 11ans allant de Janvier 2004 à Décembre 2014 à l’Hôpital Central de Yaoundé. L’échantillonnage était consécutif et constitué de 111 dossiers recrutés. La collecte des données était réalisée à l’aide d’un questionnaire préalablement établi. Le traitement des données était réalisé à l’aide des logiciels EpiData version 3.1, STATA version 12.0 et Microsoft Office Excel 2010. L’interdépendance entre variables catégorielles était évaluée à l’aide du test de Chi carrée et de Fisher avec une p-value < 0.05 considérée comme significative.

Résultats et discussion
Nous avons recruté 111 dossiers, 24 ayant été éliminés pour absence de données d’anatomopathologie. La prévalence de ces tumeurs est de 5% . Dans notre échantillon, le sexe masculin représentait 67% des patients soit un sexe-ratio (H/F) de 2. L’âge moyen de la série était de 54 ans (extrêmes de 8 et 80 ans) pour les hommes et de 38 ans (extrêmes de 16 mois et 81ans) pour les femmes. Les enfants âgés de moins de 10 ans représentaient 11% de notre échantillon. La principale localisation était le rachis dorsal (43%). La compression médullaire était la circonstance diagnostique et la présentation clinique prédominante dans 100% des cas (70% complet et 30% incomplet). Le myéloscanner était l’examen morphologique le plus réalisé (55%) ; il a permis de mettre en évidence des lésions comme le tassement vertébral (52%), l’ostéolyse (45%) et l’ostéocondensation (36%). La laminectomie était la technique chirurgicale la plus utilisée (89%). L’exérèse-biopsie était réalisée dans tous les cas. Les tumeurs extradurales étaient : Les métastases (36%) (Les marqueurs principaux étaient les cytokératines totales et la PSA (29%) ; les lymphomes (22%) (Le marqueur principal était le CD20 (24%) ; les plasmocytomes (7%) (Le marqueur principal était le CD138 (26%) ; le myélome multiple (5%) (Le marqueur principal était le CD138 (50%); les tumeurs à cellules géantes (3%), les leucémies myéloïdes (3%), l’ostéoblastome (1 cas), les kystes osseux anévrysmaux (1 cas), l’ostéosarcome (1 cas), le chondrosarcome (1 cas) et le sarcome d’EWING (1 cas). Les tumeurs intradurales étaient : le méningiome (9%), le neurinome (5%) et les lipomes (3%). Les tumeurs intramédullaires étaient l’astrocytome (4%) (Le marqueur principal était le GFAP (57%). Les principaux types et sous-types de tumeurs retrouvés dans notre étude étaient l’adénocarcinome à cellules claires de la prostate (56%), l’astrocytome pilocytique (50%), le schwannome (100%), le méningiome psammomateux (70%), le myélome multiple, le plasmocytome à chaînes légères KAPPA (63%) et le lymphome non hodgkinien diffus à grandes cellules B (67%). Le grade le plus retrouvé était le grade I avec un index de prolifération majoritairement <1% (27%). Les méningiomes sont associés au sexe féminin et prédominent à un âge > 50 ans. Les métastases sont associées au sexe et à l’âge avancé (> 50 ans). L’astrocytome et le lymphome sont significativement plus fréquents chez le sujet jeune de moins de 20 ans.


Conclusion
Les tumeurs vertébro-médullaires sont des affections fréquentes à l’Hôpital Central de Yaoundé. Le profil histologique est marqué par la prédominance massive des métastases. Les origines prostatique et pulmonaire sont les plus fréquentes. Le méningiome est la tumeur de la femme ménopausée de plus de 50 ans. Le pronostic fonctionnel est trop souvent engagé, dû au retard de diagnostic dans notre milieu. Malgré la présence d’appareils d’imagerie sophistiqués et l’avènement de l’immunohistochimie ; pour la majorité des patients, les ressources financières sont encore limitées pour pouvoir y accéder rendant la prise en charge difficile.


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