CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DES PATIENTES SUR LEUR ETAT DE SANTE: CAS DES FEMMES VUES EN CONSULTATION PRE ANESTHESIQUE A LA MATERNITE PRINCIPALE

Roger Guy SEYI A NDOUKA (s.guyr@ymail.com)
Anesthésie-Réanimation, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

Introduction

L’anesthésie est définie par la perte de la sensibilité permettant la réalisation d'un acte diagnostique ou thérapeutique douloureux. Comme tout acte médical, l'anesthésie comporte un risque pour le patient. Faire une anesthésie avec un risque zéro pour le patient est l’idéal recherché par tout anesthésiste. Il doit donc s’entourer d’un certain nombre de dispositifs. Parmi ces dispositifs, la consultation d’anesthésie occupe une place de choix.
La consultation d’anesthésie pour être bien menée demande une interaction franche entre le patient et le consultant. Le patient lui-même doit apporter beaucoup d’informations sur ses antécédents médico-chirurgicaux afin d’aider dans son anamnèse.
Malheureusement, plusieurs patients pendants les consultations ne connaissent pas beaucoup de choses sur leurs antécédents et sur leurs états de santé. Ce qui cause parfois des retards de prise en charge.

Objectifs

• L’objectif général de ce travail était d’évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des patientes en rapport avec leur état de santé au cours de la consultation d’anesthésie. Plus spécifiquement, il s’agissait de :
• Décrire le niveau de connaissances des patientes sur leurs pathologies chirurgicales.
• Décrire le niveau de connaissance des patientes sur leurs antécédents personnels et familiaux.
• Identifier les attitudes des patientes vis-à-vis de l’anesthésie.
• Recenser leurs pratiques dans la recherche des informations utiles à la promotion de leurs états de santé.
Méthodologie
Notre étude concernait les femmes vues en consultation externe d’anesthésie pour une intervention chirurgicale programmée au bloc opératoire de la maternité principale de l’hôpital central de Yaoundé.
Il s’agissait d’une étude transversale à visée descriptive. Le recrutement des patientes s’est déroulé du 15 avril au 15 mai 2013 à l’hôpital central de Yaoundé. Au total, 80 patientes ont été recrutées. Nous avions formulé un questionnaire qui nous a permis de collecter leurs données sociodémographiques, leurs connaissances, leurs attitudes et leurs pratiques.
Résultats

Identification
Pendant l’identification, la classe modale était celle des femmes ayant le niveau secondaire : 33 femmes soit 41.25 %. Quarante pour cent des femmes avaient un âge compris entre 36 et 45 ans. Pour ce qui était des antécédents gynécologiques, 83.75 % des femmes enquêtées avaient déjà accouché et enfin, pour ce qui était de leur lieu d’habitation, la majorité des femmes soit 61.25 % des femmes habitaient la ville.

Connaissances
Pour ce qui était de leurs connaissances sur l’anesthésie, toutes les femmes 80 soit 100 % avaient déjà entendu parler d’anesthésie. Toutes les femmes soit 100 % pensaient que le rôle de l’anesthésie ne se limitait qu’à endormir le malade avant toute intervention chirurgicale.
En ce qui concerne leurs pathologies chirurgicales, 17 femmes soit 21.25 % n’en connaissaient pas le nom. A la question du type d’anesthésie souhaitée, 74 patientes ont exprimé le vœu de subir une AG.
En ce qui concerne la connaissance des antécédents médicaux, toutes les femmes 80 soit 100 % pensent qu’il est très important de connaitre ses antécédents médicaux afin d’aider l’anesthésiste pendant sa consultation mais, seulement 13 soit 16.25 % connaissaient leurs groupes sanguins, 30 femmes soit 37.5 % connaissaient leurs poids, 14 femmes soit 17.5 % connaissaient leurs tailles et aucune d’elles ne connaissait sa glycémie habituelle.
Attitudes et pratique
Toutes les femmes ont jugé ont jugé la consultation d’anesthésie nécessaire mais elles disent avoir peur de l’anesthésie.
Pratiquement, aucune femme une fois son diagnostic chirurgical posé n’a essayé de s’informer sur sa pathologie ; et par contre, 26 soit 32.5 % ont cherché des informations sur l’anesthésie.

Conclusion
Les patientes ont des prédispositions à s’approprier leurs antécédents médico-chirurgicaux afin de les transmettre aux médecins en général et aux anesthésistes en particulier. Les infirmiers qui sont plus proches des malades doivent éduquer tous les malades sur les avantages qu’ils ont à connaître parfaitement leurs états de santé.


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