Évaluation des causes d'échecs dans la réalisation du traitement canalaire: étude multicentrique auprès des odontostomatologues de la ville de Yaoundé

Nicole Modeste NDOHI (modestendohi@yahoo.fr)
Chirurgie buccale, maxillo-faciale et parodontologie, Université de Yaoundé I
July, 2015
 

Abstract

Introduction : La finalité de tout traitement canalaire (T.C.) est d’assurer le maintien de l’organe dentaire dépulpé dans un état de santé permanent en prévenant l’apparition de lésions péri apicales. Lorsque ce traitement n’est pas réalisé dans les conditions optimales, il survient souvent des complications traduisant son échec. Les facteurs influençant ces échecs sont à la fois liés au patient et au praticien. Ce dernier serait responsable de plus de 75% des défaillances du T.C. Au Cameroun, peu d’études décrivent les échecs du traitement canalaire. La présente étude a permis de rechercher les causes d’échecs du traitement canalaire chez les odontostomatologues de la ville de Yaoundé.
Méthodologie : Nous avons réalisé une étude type enquête de pratiques du 30 Novembre 2014 au 30 Avril 2015. L’étude était multicentrique et concernait 18 structures dentaires agréées de la ville de Yaoundé. L’échantillonnage était non probabiliste. Tout praticien bucco-dentaire inscrit à l’ONCDC en service à Yaoundé ayant donné son consentement était inclus dans cette étude. Les différentes variables ont été enregistrées sur une fiche technique individuelle. A la suite d’un interrogatoire, les différentes étapes de déroulement du traitement canalaire étaient enregistrées. Les données ont été traitées à l’aide des logiciels SPSS version 18.0.0. et Microsoft Office Excel 2007.

Résultats: L’étude a été soumise à 32 médecins bucco-dentaires dans 18 structures dentaires de la ville de Yaoundé. Trente médecins bucco-dentaires ont été retenus parmi lesquels dix médecins bucco-dentaires du secteur privé, treize du secteur public et sept du confessionnel. La population enquêtée était faite de 18 femmes (60%) et de 12 hommes (40%). Au cours de la phase per opératoire, plus de la moitié (53,3%, n=16) des odontostomatologues de notre échantillon ne faisaient pas de radiographie ; en phase post opératoire, 40% des praticiens ne faisaient pas de radiographie de contrôle. La digue avant l’ouverture coronaire était placée par un médecin sur les 30 qui ont été enrôlés dans cette étude soit 3,3%. Tous les participants faisaient une instrumentation manuelle. La technique d’instrumentation la plus utilisée par les odontostomatologues recrutés était la technique « Step back » avec une proportion de 60% (n= 18). Aucun des participants ne réalisait un repérage du delta apical au moyen du localisateur d’apex. 80% (n=24) de médecins bucco-dentaires ayant participés à l’étude évaluaient la longueur de travail par repérage tactile. La solution d’irrigation utilisée par tous les participants était la solution d’hypochlorite de sodium. L’enquête a révélé que l’assèchement des canaux était à 90% fait avec les cônes en papier. La méthode d’obturation la plus utilisée était la technique monocône. Les étapes omises et inadéquates étaient la non-utilisation de la digue, la détermination de la longueur de travail par repérage tactile, la non-réalisation de la radiographie per opératoire, l’obturation canalaire par le lentulo, la restauration coronaire immédiate. Le risque d’échec global lié aux étapes non réalisées et/ou mal faites était de 60,23%.

Conclusion: Les échecs du traitement canalaire sont fréquents. Ils seraient dus dans la population de médecins bucco-dentaires de la ville de Yaoundé à un non respect de la procédure de traitement par omission de certaines étapes primordiales. La connaissance du risque d’échec dû à ces étapes manquées permettra d’améliorer la prise en charge et la satisfaction du patient.

Mots clés : traitement canalaire, échec, causes, risque


********************************************************************************************