Propriétés antioxydantes et antimicrobiennes d'une plante culinaire de la région de l'Ouest Cameroun: cas de Triumfetta cordifolia (Tiliaceae)

Jessica Marthe MOTAZE MEDJO BISSA
Pharmacie galénique, FMSB, Université de Yaounde I
June, 2015
 

Abstract

INTRODUCTION ET OBJECTIFS
Les plantes constituent une source d’antioxydants et d’antimicrobiens naturels. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la phytothérapie est le traitement par les plantes, c'est-à-dire la consommation ou l'utilisation en voie externe, de produits préparés à partir de plantes, sans passer par une étape de sélection des molécules. Actuellement les populations des pays en voie de développement y ont recours. La population Camerounaise n’est pas en reste au vue de l’immense flore dont regorge notre pays. C’est ainsi que dans la région de l’Ouest est consommé un plat appelé « Nkui » fait à base de tiges de Triumfetta cordifolia. Ce plat est traditionnellement réputé pour ses effets sur la digestion (laxatif). Il permettrait aussi de stimuler l’appétit, de stimuler la galactorrhée, et aussi de traiter le paludisme et les coliques.
Pour étudier sur le plan scientifique la valeur cette thérapeutique traditionnelle, nous avons effectué une mesure des activités antioxydantes, antimicrobiennes et un screening phytochimique des tiges de l’espèce cultivée de cette plante en comparant entre eux les extraits hexanique, hydroalcoolique, aqueux et à l’acétate d’éthyle.

MATÉRIELS ET MÉTHODES
Il s’agit d’une étude expérimentale qui a eu lieu du mois d’Octobre 2014 au mois de Mai 2015 dans les laboratoires de phytochimie, de technologie pharmaceutique de l’Institut de Recherches sur les Plantes Médicinales (IMPM) ainsi que dans le laboratoire multidisciplinaire de pharmacie galénique de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB). Les tiges récoltées, séchées et pulvérisées ont été extraites par macération dans l’hexane, l’acétate d’éthyle, l’eau ainsi que le mélange éthanol-eau (70:30) v/v. Les extraits obtenus ont fait l’objet d’une analyse phytochimique et leurs activités antioxydante et antimicrobienne ont été évaluées. Les tests antioxydants effectués étaient celui du 2,2-diphényl-1picrilhydrazyl (DPPH) ainsi que celui du Ferric Reducing Antioxidant Power (FRAP). Les tests antimicrobiens ont été faits par la méthode de diffusion et la méthode de microdilution. L’analyse des données a été effectuée grâce au logiciel de statistique Graphpad prism version 5.02 qui a permis à l’aide du post hoc test de comparaison multiple de Tukey-Kramer de comparer les moyennes de nos différents extraits.



RÉSULTATS
L’extrait au mélange éthanol-eau (70:30) v/v avait le meilleur rendement d’extraction (21.6 %). L’extrait à l’acétate d’éthyle a montré une capacité supérieure de piégeage des radicaux DPPH par rapport aux autres (87,75 ± 7,813 µg/ml) mais inférieure à celle de la vitamine C. L’extrait à l’acétate d’éthyle a aussi révélé une capacité supérieure à réduire le fer (12,43 mg AAE/g MS) par rapport aux autres extraits, mais qui était cependant inférieure à celle de la quercétine. En ce qui concerne l’activité antimicrobienne, les deux extraits hydroalcooliques ont eu un diamètre d’inhibition de 8 mm chacun sur la souche Enterococcus faecalis ATCC 51229 avec un rapport CMB/CMI égal à 2.

CONCLUSION
Les extraits hydroalcooliques et l’extrait à l’acétate d’éthyle possèdent une activité antioxydante. En outre, les extraits hydroalcooliques ont un pouvoir antimicrobien. Triumfetta cordifolia aurait donc des propriétés antioxydantes et antimicrobiennes.

Mots-clés : Triumffeta Cordifolia, antioxydant, antimicrobien, phytochimie IC50


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