Evaluation de l application des nouvelles directives de l'OMS sur la PTME du VIH/SIDA: cas de deux hôpitaux de yaoundé

Christelle NGALI ABENA
Gynécologie et obstétrique, Université de Yaoundé 1
June, 2013
 

Abstract

Introduction

Le Syndrome de l’Immunodéficience Acquise (SIDA) est un problème majeur de santé publique et l’Afrique reste le continent le plus touché. La Transmission de la Mère à l’Enfant (TME) du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) est une cause majeure de l’extension de cette affection à travers la population pédiatrique. En l’absence de toute intervention, entre 20 et 40 % des nourrissons peuvent se trouver infectés. Le Cameroun, depuis l’an 2000, a élaboré le premier plan stratégique national sur la prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) du VIH/SIDA et a adhéré aux directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la PTME en 2010. Il était donc question pour nous d’évaluer la mise en application effective de ces directives dans deux hôpitaux de Yaoundé : l’Hôpital Central et le Centre Hospitalier et Universitaire.

Objectifs

L’objectif général de cette étude était d’évaluer l’application des nouvelles directives sur la PTME du VIH/SIDA dans les deux hôpitaux choisis. Les objectifs spécifiques consistaient à décrire le profil sociodémographique et obstétrical de ces femmes, déterminer la prévalence de l’infection au VIH chez les femmes enceintes, apprécier la disponibilité, l’accessibilité et l’application de la PTME au cours des consultations Prénatales (CPN) et de l’accouchement, rapporter les différents protocoles thérapeutiques utilisés.

Méthodologie
Il s’agissait d’une étude descriptive et prospective qui s’est effectuée durant la période allant de 1er novembre 2012 au 30 Avril 2013. Elle incluait des femmes enceintes séropositives suivant leur CPN dans l’un de nos hôpitaux d’étude et ayant donné leur consentement verbal et écrit. Ont été exclues de l’étude les femmes enceintes non infectées par le VIH et les femmes enceintes séropositives ayant renoncé à participer. Au total 287 femmes enceintes ont été retenues et 125 d’entre elles ont été accouchées sur un total de 3104 CPN effectuées. A l’aide d’une fiche préconçue, les informations suivantes ont été recueillies : le profil sociodémographique, le début des ARV en grossesse, les différentes combinaisons thérapeutiques appliquées, aussi bien chez les mères que chez les enfants. En salle de travail nous observions les différents gestes préventifs en l’occurrence l’utilisation du partogramme, les touchers vaginaux (TV), la durée du travail, la rupture artificielle des membranes, la désinfection vulvo-vaginale à la chlorexidine, la pratique des épisiotomies et des accouchements instrumentaux. En post natal, la mise sous Névirapine des nouveau-nés dès la naissance, leur toilette et l’option nutritionnelle choisie étaient nos préoccupations.
Résultats

La prévalence de l’infection à VIH chez les femmes enceintes était de 9,24 %. L ‘âge moyen des femmes était de 28,77 ± 5, 13 ans. La tranche d’âge de 20-29 ans était la plus représentée avec un pourcentage à 51,20 %. Parmi les femmes enceintes connaissant à l’avance leur statut sérologique, 70,50 % avaient fait leur première Consultation Prénatale (CPN) au premier trimestre de grossesse. Parmi celles qui l’ignoraient seules 25,20% ont réalisé leur premier CPN au premier trimestre. Seules les femmes qui connaissaient leur statut avant la grossesse avaient effectivement suivi les recommandations de OMS sur la PTME. Concernant les femmes dépistées en grossesse 25,14% des femmes ont commencé les ARV à partir de la 14ème semaine alors que 69,46% avaient commencé à la 28ème semaine de grossesse. 60,60% étaient sous bithérapie et 39,40 % étaient sous trithérapie Nous avons enregistré un total de 125 naissances vivantes. 13,60 % des femmes ont eu recours à l’épisiotomie. La voie basse a été le mode d’accouchement le plus effectué à 84,80 % les césariennes n’étaient n’ont pas moindres, elles occupaient 15,20 %, l’espacement des TV n’a été respecté que dans 86,08 % de cas alors que la désinfection vulvo-vaginale à la chlorexidine a été appliquée à 99,13 %. 11 ,20 % des nouveau-nés avaient été aspirés à la naissance. A la naissance tous les nouveau-nés avaient reçu leur bain et étaient mis sous Névirapine .L’allaitement artificiel a été choisi dans 84,80 % des cas. Toutes les femmes avaient une information parfaite sur la durée de la Névirapine selon l’option nutritionnelle choisie.

Conclusion

Au terme de cette étude il ressort que les services de PTME sont biens disponibles dans nos hôpitaux d’étude. Les nouvelles directives sur la PTME du VIH/SIDA quant à elles sont appliquées, mais le personnel de santé est confronté à la venue tardive des femmes enceintes en CPN, spécifiquement celles ignorant leur statut. Par contre les femmes séropositives connues avant la grossesse ont été biens suivies parce qu’elles arrivaient en CPN précocement.
Recommandations
A la lumière des résultats de notre étude et des commentaires qui se sont dégagés, nous pouvons humblement formuler les recommandations suivantes :
• Encourager et appuyer toute action menée pour améliorer la mise en application des nouvelles recommandations sur la PTME émises par l’OMS en 2010.
• Sensibiliser les femmes enceintes sur la nécessité de débuter précocement les CPN.
• Eduquer les femmes en âge de procréer sur le VIH et la PTME dans la communauté.
• Respecter davantage les gestes préventifs conseillés pour les parturientes séropositives et leurs nouveau-nés.


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