Prévalence et facteurs de risque de l'hépatite virale B chez les femmes enceintes infectées par le VIH à l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

MENDOUA Michèle Florence (noemiecapon@yahoo.fr)
gynécologie/Obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

Introduction :
Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est un rétrovirus infectant l’homme et responsable du syndrome de l’immunodéficience acquise (SIDA). L’hépatite virale B quant à elle, est une inflammation du foie causée par le virus de l’hépatite B (VHB). Elle entraine à long terme des complications hépatiques sévères en l’absence de traitement, encore plus sévères chez les personnes infectées par le VIH. Du fait de leurs modes de transmission communs (voie sexuelle, voie sanguine, voie périnatale), un organisme hôte peut contracter ces deux virus, on parle alors de coinfection VIH/VHB. Au Cameroun ces virus sont endémiques et par ricochet transmissibles de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement et en période post-natale.
Objectifs :
L’Objectif de notre étude d’un point de vue général est de décrire la coinfection VIH/VHB en grossesse dans une population de femmes camerounaises à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé ; ressortir spécifiquement la prévalence de l’hépatite virale B chez les femmes enceintes infectées par le VIH, les caractéristiques sociodémographiques de la population d’étude, ainsi que les facteurs de risque.
Méthodologie :
Il s’agit d’une étude transversale descriptive avec collecte de données rétrolective. Elle s’est déroulée pendant 3 mois allant du 1er Janvier au 31 Mars 2013. Les femmes ayant accouché à la maternité de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé dans la période allant du 1er Janvier 2007 au 31 Mars 2013 constituent la population source de notre échantillonnage. Au final 100 femmes répondant aux critères d’inclusion ont été retenues pour l’étude. Les données collectées à l’aide de fiches techniques ont été enregistrées, puis analysées à partir du logiciel Epi Info version 3.5.3. Les moyennes calculées et exprimées avec leurs écart-types, ont été comparées par le Test d’ANOVA. Le Test de Man Whitney a permis de comparer les médianes exprimées avec leurs intervalles interquartiles. Les différences de proportion et la recherche d’association ont été résolues par des tables de contingence, appliquant le Test de Khi-2 à 4 cases (seuil significatif de la valeur P < 0,05).
Limites de l’étude :
Les limites de cette collecte de données s’expliquent par le fait que dans notre contexte la recherche de l’AgHBs n’est pas systématique en consultation prénatale. Par conséquent, très peu de femmes ont un statut sérologique disponible dans leur dossier médical. Cet obstacle contextuel a eu un retentissement sur la taille de notre échantillon.
Résultats
Cent femmes d’un âge moyen de 29.17± 5.75 ans ont été retenues pour l’étude. La tranche d’âge de femmes comprises entre 26 et 31 ans est la plus représentée. La prévalence de l’hépatite virale B chez les femmes ayant accouché à la maternité de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé est évaluée à 7%. La non utilisation du préservatif (OR= 0, P=0.02), les scarifications (OR= 510, IC 95%= 28.26 - 9202.90, P< 0.001), le perçage de la peau (OR= 14, IC 95%=1.54 - 127.23, P= 0.04), le faible taux de CD4+/mm3 (P< 0.001), la précocité de l’activité sexuelle (P<0.001) constituent des facteurs favorisants la coinfection VIH/VHB.


********************************************************************************************