Connaissances et pratiques des étudiants vis-à-vis des hépatites virales B et C à l’Université de Maroua

Raïssa Dalhatou Danyiere
Médecine interne, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

Introduction : Le Cameroun fait partie des pays de forte endémicité s’agissant des hépatites virales B et C. Celles-ci ont la particularité d’évoluer vers des formes chroniques et constituent un véritable problème de santé publique à l’échelle planétaire. Les étudiants sont un groupe à risque au vu des hautes prévalences retrouvées dans les Universités du pays et en même temps, ils sont un réceptacle idéal de l’information. Ainsi, déterminer les connaissances, attitudes et pratiques des étudiants en vue d’évaluer leur besoin éducationnel, informationnel et communicationnel devient indispensable afin de leur permettre d’avoir un meilleur contrôle sur leur propre santé. Nous avons ainsi entrepris une étude qui avait pour but d’évaluer les connaissances, d’identifier les attitudes et de décrire les pratiques de prévention et de prise en charge des étudiants de l’Université de Maroua sur les hépatites virales B et C.

Méthodologie : Pour réaliser ce travail, nous avons mené une étude transversale à visée descriptive qui a porté sur les étudiants de l’Université de Maroua. L’échantillon était constitué de 515 étudiants. Les données étaient collectées à l’aide d’un questionnaire auto administré de 4 sections comportant 67 questions. Elles portaient sur les données sociodémographiques, les connaissances, les attitudes et les pratiques. L’analyse des données s’est faite sur la base de la matrice de dimension à l’aide du logiciel SPSS version 20. Les tests de khi-carré et de Fisher étaient utilisés pour l’association entre les variables et une valeur de P < 0.05 était considérée statistiquement significative. Pour évaluer les connaissances, attitudes et pratiques, un pourcentage de bonnes réponses < 50% = mauvais, 50- 65% = insuffisant ; 65- 80% = moyen et > 80% = bon.

Résultats : Parmi les 515 étudiants, 63% étaient de sexe masculin et 37% de sexe féminin, donnant un sex ratio de 1,7. La tranche d’âge la plus représentée était celle de [21-25] ans. Toutes les régions étaient représentées, et 12% des sujets étaient d’origine étrangère (principalement des Tchadiens). Le niveau de connaissance était mauvais pour la plupart (71.4%). Seuls 0.2% avaient de bonnes connaissances. On retrouvait 17.9% qui avaient de mauvaises attitudes, 36.9% avaient des attitudes insuffisantes, 36.7% et 8.5% avaient des attitudes respectivement moyennes et bonnes. En effet, 33.8% citaient le thérapeute traditionnel pour le recours thérapeutique de la jaunisse et 85.8% pensaient que les étudiants sont un groupe à risque vis-à-vis des hépatites virales. Pour ce qui est des pratiques, elles étaient mauvaises pour 17.7%, insuffisantes pour 74.4%, moyennes pour 7.9% et bonnes pour aucun des étudiants. 12.4% des étudiants avaient déjà passé un test de dépistage de l’hépatite virale et la quasi-totalité (90%) n’était pas vaccinée. 6.2% ont dit qu’ils feraient appel au thérapeute traditionnel pour la prise en charge de l’hépatite virale. Il y’avait une association entre les connaissances et les attitudes (P= 0.000), entre les attitudes et les pratiques (P = 0.000) et enfin entre les connaissances et les pratiques des étudiants (P = 0.006).

Conclusion : Les étudiants avaient un niveau de connaissance insuffisant sur les hépatites virales qui influençait leurs attitudes, erronées pour la plupart. Celles-ci se répercutaient sur leurs pratiques de prévention et de prise en charge qui étaient inappropriées, ne leur donnant pas accès à un véritable contrôle sur leur propre santé.


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