ACCEPTABILITE DU DEPISTAGE DU VIH PAR LES FEMMES ENCEINTES : CAS DE L’HOPITAL CENTRAL ET DU CENTRE HOSPITALIER ET UNIVERSITAIRE DE YAOUNDE

Jeanne Carine NDOMO MEVOULA
gynécologie et obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

ABSTRACT
RESUME
Le VIH est un virus qui infecte et détruit les lymphocytes T CD4+ entrainant un affaiblissement du système immunitaire le rendant ainsi vulnérable à de multiples infections opportunistes à l’origine de l’état d’immunodépression. Sur les 2 millions d’enfants infectés par le VIH dans le monde, environ 90% l’ont été dans le cadre d’une transmission de la mère à l’enfant et sans intervention médicale le risque de transmission du virus de la mère à l'enfant oscille entre 25 à 45%. La prévalence de l’infection au VIH est estimée à 4,3% au Cameroun et à7,4%chez les femmes enceintes. Le conseil et dépistage du VIH chez les femmes enceintes est une stratégie de santé publique essentielle pour réduire le taux de transmission mère-enfant du VIH/SIDA. Elle sert de point d’entrée à la prise en charge globale de la femme enceinte. Mais nos expériences personnelles et les recherches effectuées confirment qu’une bonne proportion de femmes enceintes continue d’accoucher dans nos services de santé sans connaitre leur statut sérologique par rapport au VIH, rendant ainsi le programme de PTME inadéquat au Cameroun. Afin de donner des chances égales à toutes les femmes en consultation prénatale de bénéficier des mesures interventionnelles visant à réduire le taux de TME, nous avons ainsi entrepris une étude qui avait pour objectif d’évaluer l’acceptabilité du test et des facteurs associés aux occasions manquées de se faire dépister à Yaoundé.
METHODOLOGIE
Il s’agissait d’une étude descriptive prospective menée dans deux hôpitaux de référence de Yaoundé : l’HCY et le CHU durant une période de 18 mois allant de novembre 2011 à avril 2013.Etaient inclues les femmes enceintes dont le statut sérologique était inconnu et les gestantes ayant acceptées de participer à l’étude. Les données étaient recueillies auprès des femmes enceintes au sortir de la CPN à l’aide d’un questionnaire préétabli, testé et adapté à l’étude. Un second rendez-vous leur était donné le mois suivant pour la présentation du résultat du test de VIH. Les données ont été analysées sur le logiciel Epi Info version 3.5.3, les tests du Chi carré ou de Fisher lorsque cela était possible ont été utilisé pour comparer les fréquences avec des valeurs de p < 0,05 considérées comme significatives. L’Odds Ratio avec un intervalle de confiance à 95% a été utilisé pour apprécier l’impact de chaque variable sur la non acceptabilité du test. La régression logistique s’est faite avec le programme SPSS 17.0

RESULTATS
Nous avons recruté 170 femmes enceintes au cours de notre étude.L’âge moyen des femmes enceintes étaient de 28+/-5. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 25-29 ans. Aussi on notait une différence significative entre les deux groupes de femmes enceintes concernant le grade du prestataire de soins (les résidents étant majoritaires à l’HCY à 61% Vs 25,7% au CHU ; le type de conseil pré-test reçu (68,7% de femmes enceintes du CHU ont reçu un counseling de groupe contre seulement 37% à l’HCY) ; l’appréciation de l’attente (qualifiée de long dans 71% de cas à l’HCY vs 55,7% de cas au CHU). Le taux d’acceptabilité du test de dépistage au VIH était de 92,40%.Soit 8,60% d’occasions manquées de se faire dépister avec une association significative entre l’acceptabilité du test et la formation sanitaire. De ce fait, [89(89%) Vs 68(97,1%)] de femmes enceintes avaient accepté de se faire dépister respectivement à l’HCY et au CHU. La prévalence du VIH chez les femmes enceintes testées a été estimée à 6,40%.Le manque d’instruction, la résidence en milieu rural, l’entretien avec le prestataire qualifié au trop de passable, l’attente longue et l’absence d’un conseil de groupe étaient les facteurs indépendamment associés aux 9% d’occasions manquées de se faire dépister pour l’infection au VIH identifiés.
CONCLUSION
L’offre en routine du test de dépistage au VIH initié par un prestataire est largement acceptée dans nos unités de CPN et peut par conséquent diminuer la proportion de femmes enceintes donnant encore naissance de statut sérologique inconnu.


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