Connaissances, attitudes et pratiques des étudiantes de l'Université de Douala concernant l'usage des produits dépigmentants

Victor Fabrice ETOUNDI NDOUGSA (etoundivictor@yahoo.fr)
Département de Médecine Interne, Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales - Université de Yaoundé 1
June, 2015
 

Abstract

La dépigmentation volontaire est une pratique par laquelle une personne de sa propre initiative s’emploie à diminuer la pigmentation mélanique physiologique de sa peau. Dans notre pays, les femmes ont l’habitude d’utiliser des laits de toilette éclaircissants ou autres cosmétiques dépigmentants sans connaitre leurs effets secondaires.
D’où l’intérêt de notre étude qui avait pour objectif général : d’évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des étudiantes de l’Université de Douala concernant l’usage desproduits dépigmentants ; plus spécifiquement, évaluer les connaissances des étudiantes sur les risques de l’usage des produits dépigmentants, identifier les attitudes vis-à-vis des produits dépigmentants, identifier les pratiques vis-à-vis des produits dépigmentants.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons mené une étude transversale descriptive au sein du campus de l’Université de Douala,durant le mois de Mars 2015. Les données ont été collectées dans 8 facultés et écoles de formation de cette institution universitaire puis saisies et traitées avec les logiciels Stata version 13.0 et Microsoft Excel 2007. Les variables étaient comparées avec le test de Chi-carré, le seuil de significativité statistique a été fixé pour une valeur p <0,05.
La population d’étude comptait 302 étudiantes, recrutées par échantillonnage de convenance probabiliste. Les âges extrêmes étaient 17 à 33 ans.
L’évaluation des connaissances sur les risques de la dépigmentation volontaire a montré des scores faibles dans les proportions de 10,9% (33/302) et 33,4%(101/302) respectivement chez les utilisatrices et les non-utilisatrices de produits dépigmentants. Ce résultat suggère que le choix de se livrer ou non à cette pratique n’est pas lié aux connaissances acquises sur le sujet.
Parmi les étudiantes interrogées, 6% (18/302)pensaient qu’utiliser des cosmétiques éclaircissants était une bonne pratique ; en outre 57,7% (174/302) des enquêtées avaient de mauvaises attitudes vis-à-vis des produits dépigmentants.
Au cours de notre enquête, 23,5% (71/302) des étudiantes ont déclaré utiliser des produits dépigmentants.Pour démarrer cette pratique, l’harmonisation du teint du corps était la réponse la plus fréquente avec une proportion de 41,6% (40/96). Concernant le rythme d’utilisation des substances dépigmentantes, 67,6% (48/71) des étudiantes les utilisaient chaque jour et 22,5% (16/71) les utilisaient au moins 02 fois par semaine. Les principes actifs contenus dans les produits cosmétiques industriels dénombrés étaient répartis comme suit : les acides de fruits (A.H.A.) (27,2% soit 25/92) ; l’hydroquinone (17,4% soit 16/92) ; les dermocorticoïdes (4,3% soit 4/92) ; les dérivés mercuriels (3,3% soit 3/92). La composition des produits était inconnue dans 15,2% des cas (14/92).
A l’issu de notre étude nous concluons que, les étudiantes de l’Université de Douala avaient une mauvaise connaissance sur les risques de l’éclaircissement de la peau. Les enquêtées n’avaient pas de bonnes attitudes vis-à-vis des produits dépigmentants. L’utilisation des produits dépigmentants était une pratique fréquente chez les étudiantes de l’Université de Douala. Cette pratique était motivée au départ par le désir d’harmonisation du teint.Le principe actif le plus retrouvé dans les produits cosmétiques industriels était les acides de fruits (A.H.A.). Les produits étaient appliqués quotidiennement.De nombreux produits industriels dépigmentants étaient de composition inconnue.


Skin bleaching is a practice which consists that a person by her own initiative,decreases the physiologicalpigmentation of her skin. In our country, women acquire the habit of using clarifying skin creams or other skin-lightening products, but don’t knowing side effects.
Our study had as objective to evaluate the knowledge, attitudes and practices of the students of the University of Douala about the use of depigmenting products. More specifically, assess knowledge of the students on risks of use of skin-lightening products; identify attitudes about this products andidentify practices about this products.
In order to achieve this objectives, we have done a cross sectional descriptive study in the University of Douala, at March 2015. Data was collected in 08 faculties and schools of this university and analyzed with software Stata version 13.0 and Microsoft Excel 2007. Variables were compared by the Chi-square test and all p value <0.05 was statistically significant.
The studied population was made of 302 female students, recruited by random convenience range. The age ranged from 17 to 33 years.
Evaluation of knowledge on risks of skin bleaching showed poor scores at 10.9% proportions (33/302) and 33.4% (101/302) respectively for the users and the non-users of depigmenting products. This result suggest that the choice to use or not use skin-lightening products doesn’t have a link with knowledge acquired on the subject.
Among the participating students, 6% (18/302) thought that skin bleachingwas a good practice; besides 57.7% (174/302) students had poor attitudes about depigmenting products.
In the course of our survey, 23.5% (71/302) students declared they use skin-lightening products. The harmonization of the complexion of the skin was main motivation (41.6% or 40/96) to start using this. Concerning the frequency of use of skin-lightening substances, 67.6% (48/71) students used them every day and 22.5% (16/71) at least 02 times a week. Active ingredients contained in the industrial cosmetics were divided as follows: A.H.A (27.2% or 25/92); hydroquinone (17.4% or 16/92); dermocorticoides (4.3% or 4/92); mercury (3.3% or 3/92). The composition of products was unknown in 15.2% cases (14/92).
At the end of our study, we conclude that: the students had poor knowledge about side effects of skin bleaching. Students had poor attitudes about depigmenting products. The use of cosmetic skin-lightening products was a frequent practice among the students of the University of Douala. This practice was more motivated by the desire to lighten skin complexion. The active agent most contained in industrial cosmetics was A.H.A. Products were applied every day. Many industrial cosmetics were of unknown composition.


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