Aspects étiologiques et thérapeutiques de l'infertilité du couple au CHRACERH/HGY

Angèle Noubom Watchom (noubsange@gmail.com)
Gynécologie-Obstétrique, Université de Yaoundé I
June, 2016
 

Abstract

Introduction et objectifs :
L’infertilité du couple est l’incapacité d’obtenir une grossesse clinique après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers (2 à 3 fois/semaine), en l’absence de toute méthode contraceptive. Il a une prévalence de 15-35% au Cameroun. A notre connaissance, peu d’études ont été menées sur les aspects étiologiques et thérapeutiques de l’infertilité du couple dans notre contexte. Nous nous sommes proposés d’étudier ces différents aspects, plus spécifiquement de décrire les caractéristiques sociodémographiques et cliniques de notre population, d’identifier les étiologies et enfin présenter les différents moyens thérapeutiques prescrits dans l’infertilité du couple.
Méthodologie :
Nous avons mené une étude transversale descriptive, sur une période allant de janvier 2000 à septembre 2015 au service de gynécologie B de l’Hôpital Général de Yaoundé et au CHRACERH. Les dossiers de couples qui étaient retrouvés aux archives et où le diagnostic d’infertilité était posé avec un traitement prescrit ont été inclus. Notre population d’étude était constituée de tous les dossiers de couples désireux de concevoir et ayant consulté au CHRACERH et au service de Gynécologie B de l’HGY pendant la période d’étude. Nous avons procédé à un échantillonnage consécutif, et les données ont été recueillies à partir de fiches préalablement établies et pré-testées. La saisie des données a été faite à l’aide d’Epi Data version 3.1 et l’analyse par le logiciel SPSS 21.0.
Résultats :
Nous avons inclus 259 dossiers de couples sur 609 dossiers retrouvés aux archives. Les tranches d’âge de 30-40 ans chez la femme et de 40-50 ans chez les partenaires étaient les plus représentées de la population d’étude. La durée d’infertilité était majoritairement entre 01 - 05 ans et l’infertilité primaire (58,8 %) était plus fréquente par rapport à secondaire dans le couple. L’origine de l’infertilité était mixte dans 47,5%, féminine dans 33,6%, masculine dans 13,1% et inexpliquée dans 05,8% des cas. Le facteur étiologique d’infertilité féminine le plus représenté était les pathologies tubopelviennes (51,74 %), suivie des troubles ovulatoires (26,18%). Les pathologies tubopelviennes étaient dominées par les lésions tubaires (61,58%). Chez l’homme 16,41% avaient un trouble sexuel, beaucoup plus à type de dysfonctionnement érectile (52,27%). Une anomalie du spermogramme était retrouvée chez 60,62% des partenaires, l’oligospermie (36%) étant l’anomalie la plus retrouvée. L’anomalie organique la plus retrouvée chez l’homme était l’atrophie/dystrophie testiculaire (46,15%), suivie de la varicocèle (38,46%). Le moyen thérapeutique le plus prescrit chez la femme était le traitement chirurgical (45,90%) avec une forte représentativité de la cœlioscopie (65,48%). Le recours à l’AMP était prescrit dans 40,17% des cas, représentant le deuxième geste thérapeutique le plus utilisé. Suite à un traitement, 34,07% des couples ont pu concevoir.
Conclusion :
Dans notre population, l’infertilité mixte a été la plus retrouvée. La pathologie tubopelvienne a été le facteur étiologique le plus représenté chez la femme alors que l’atrophie/dystrophie testiculaire a été l’anomalie organique la plus retrouvée chez l’homme. Le traitement chirurgical a été le moyen thérapeutique le plus utilisé. Chez la femme l’adhésiolyse et la plastie tubaire ont été les gestes les plus utilisés au cours de la cœlioscopie.
Nous recommandons une sensibilisation des couples réfractaires consultants pour infertilité dans la réalisation des examens paracliniques prescrits par le praticien. En outre, nous recommandons l’amélioration du système d’archivage des dossiers médicaux.

Mots clés : Infertilité, couple, étiologie, prise en charge, CHRACERH, HGY.


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