Prévalence de l'hépatite virale B chez les enfants en âge préscolaire dans le district de santé de Maroua II

Yasmile Ramatou
Medecine interne, université de Yaoundé I
June, 2016
 

Abstract

Introduction : L’hépatite virale B(HVB) est une maladie infectieuse due à un virus hépatotrope nommé virus B (VHB) [1]. D’après l’OMS, cette affection est considérée comme un problème de santé publique à l’échelle mondiale en général et au Cameroun en particulier, qui se trouve dans la zone de forte endémicité. Le risque de devenir porteur chronique du virus B est d’autant plus élevé que l’âge de la contamination est jeune. L’infection par ce virus n’entraine pas seulement une infection aigue mais une maladie chronique comme la cirrhose hépatique, et le carcinome hépatocellulaire qui est responsable de plus d’un million de décès global. Parmi les différentes voies de transmission, nous avons comme principal mode de contamination les voies verticale, et horizontale : transmission entre enfants de la même fratrie ou compagnons de jeux, côté desquelles apparaissaient dans une moindre mesure les voies sexuelle et parentérale. Une étude menée en 2007 sur la séroprévalence de l’hépatite B dans la région du Nord Cameroun avait retrouvé une prévalence de 7% [2]. Rendu 10 ans après l’introduction du vaccin au Cameroun, il nous est paru important de faire cette étude plus particulièrement dans la région de l’Extrême-Nord qui est la région ayant la plus haute prévalence [3].
Objectifs : La recherche avait pour objectif principal de décrire les facteurs de risque de transmission de l’HVB chez les enfants dans le district de santé Maroua II, plus spécifiquement, il s’agissait de déterminer la prévalence de l’HVB des enfants du district de santé Maroua II, la sérologie des mères d’enfants AgHBs+, d’évaluer le niveau de respect des doses du vaccin contre l’HVB chez ces enfants et d’évaluer l’impact de certaines pratiques socioculturelles à risque sur la transmission de l’HVB.
Méthodologie : Nous avons mené sur une période allant du28 janvier au 1er mars 2016 une étude de type transversale analytique qui s’est déroulée dans le district de santé de Maroua II (DSM II). Après avoir obtenu les différentes autorisations, nous avons procédé par un échantillonnage non probabiliste. Nous avons inclus les enfants dont les parents avaient donné leur consentement et leur mère. Etait exclue tout enfant dont les parents étaient absents ou n’avaient pas donnés leur consentement. Les ménages avaient été choisis de façon aléatoire dans les différentes aires de santé. Après avoir obtenue l’accord des mères, nous avons procédé au remplissage du questionnaire qui était constitué de 2 parties. Tout enfant ayant rempli les critères d’inclusion avait été prélevé ainsi que toutes les mères d’enfant AgHBs+. Les données recueillies ont été saisies dans un masque de saisie crée grâce à au logiciel CS Pro 6.0. L’analyse statistique a été faite grâce au logiciel et SPSS 21.0. et Excel 2007. Le test du Khi-carré nous ont permis de faire le lien entre les variable et le statut sérologique des enfants. La valeur P < 0,05 était considérée statistiquement significative. L’Odds ratio et l’intervalle de confiance (IC) nous ont permis de suivre l’évolution du risque de transmission suite à l’augmentation d’une unité de la variable.
Résultats : Nous avons recruté au total 155 enfants et 150 mères. Des 150 enfants recrutés, 5 ont été exclus. Concernant les enfants leur âge allait de 4 à 57 mois pour une moyenne d’âge de 12 ±5 mois. Les enfants âgés entre 0-6mois étaient les moins représentés. Le sex-ratio était de 1,03. Concernant les mères, elles étaient âgées entre 16 et 42 ans. Leur moyen d’âge était de 27±6ans. Des 150 mères, 69% étaient monogames, 22,0% polygames. Aucune mère n’avait atteint le niveau supérieur. La majorité des mères étaient ménagères à 46,0%. La couverture vaccinale était à 70%. La prévalence de l’HVB était de 6,7%. Les mères d’enfants AgHBs+ étaient pour la plupart mariés monogames, ménagères, et analphabètes. Parmi ces dernières 40% étaient porteuses du virus. Après analyse, nous avons trouvé dans notre étude que les scarifications (P=0,0001) et la circoncision (P=0,002) étaient de facteurs associés significativement à la transmission de l’HVB chez les enfants. Le profil sociodémographique des mères ainsi que leur statut sérologique n’avaient pas de lien statistiquement significatif avec les statuts sérologiques des enfants.

Conclusion : Au terme de notre étude, nous avons recrutés 155 enfants dont 5 ont été exclus. La prévalence du portage d’AgHBs chez les enfants dans le district de santé de Maroua II était de 6,7%. Des 10 mères d’enfants AgHBs+, 4 étaient porteuses de l’AgHBs soit un taux de prévalence à 40%. La couverture vaccinale était à 70%. Certaines pratiques socioculturelles telles que les scarifications et la circoncision étaient significativement liées à la transmission de l’HVB chez les enfants dans le district de santé de Maroua II.
Recommandations
Au terme de notre étude, nous formulons les recommandations suivantes :
Au Ministère de la santé Publique de :
• Encourager les dépistages de l’HVB chez les femmes enceintes.
Aux chercheurs de :
• Poursuivre le présent travail, afin de déterminer la sérologie AgHBe des mères et l’impact de leur charge virale sur le statut sérologique de leurs enfants,
• Rechercher les statuts sérologiques de leur entourage pour mieux cerner les facteurs de risques.
• Rechercher les hépatites B occultes.
Au personnel médical de:
• Sensibiliser la population sur les conséquences néfastes de certaines pratiques socioculturelles;
• Initier un service de prise en charge de l’HVB.
Aux populations :
• Mener une bonne hygiène de vie et l'abandon de certaines pratiques néfastes à la santé telles que l'excision, les scarifications et la circoncision dans des conditions hygiéniques douteuses.


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