Réponse au traitement de l'Hépatite chronique C de génotype 2 par l'aasociation interféron pégylé alfa 2a et ribavirine

Marie Adrienne Larissa NTSAMA
Médecine interne, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

Introduction : L’hépatite virale C (HVC) est une maladie ubiquitaire qui touche plus de 170 millions de personnes dans le monde. Les complications redoutées sont la cirrhose et le carci-nome hépatocellulaire. Il existe plusieurs génotypes de l’HVC. D’après l’OMS, la prévalence au Cameroun est de 13% et elle est l’une des plus élevée dans le monde. Le traitement de l’hépatite chronique C a évolué depuis de nombreuses années, ceci par le biais de multiples recherches. De nos jours, l’association Interféron Pégylé alfa et la Ribavirine en est le traite-ment de référence. Plusieurs travaux rapportent que sur les 6 génotypes que compte le virus C, les génotypes 2 et 3 sont prédictifs d’une très bonne réponse au traitement (de l’ordre de 80%). Des études pionnières menées au Cameroun ont également trouvé que le génotype 2 était le meilleur sur le plan thérapeutique. Pourtant, le constat empirique fait de nos jours est que les patients traités pour hépatite chronique C de génotype 2 ont une réponse au traitement altérée par l’échec thérapeutique ; de plus, les rechutes y sont fréquemment observées. Ceci nous a donc incité à rechercher pourquoi ces résultats dans notre milieu.
Objectifs : La présente étude avait pour objectif général la description de la réponse thérapeu-tique de l’hépatite chronique C de génotype 2 à la bithérapie Interféron Pégylé alfa-2a et Ri-bavirine et l’identification des éventuels facteurs influençant cette réponse chez tous les pa-tients camerounais. De façon plus spécifique, il s’agissait de : décrire le profil épidémiolo-gique, clinique et paraclinique de ces malades ; décrire les formes de réponse au traitement obtenues et enfin, de trouver les déterminants de cette réponse thérapeutique au Cameroun.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude de cohorte multicentrique et analytique ; elle a cou-vert une période de 10 ans : de Mai 2003 à Mars 2013. Un total de 93 patients avait été recruté (conformément aux critères d’échantillonnage prédéfinis) dans les 6 centres agréés de traitement de l’HVC du Cameroun. Etaient inclus dans cette étude tous les patients porteurs d’hépatite chronique C de génotype 2 qui avaient été traités par la bithérapie Interféron Pégy-lé alfa-2a et Ribavirine. Cependant, les patients dont le traitement avait été interrompu, ceux dont le dossier était incomplet et les patients d’origine caucasienne y avaient été exclus. L’échantillonnage était consécutif et exhaustif. Le recueil des données avait été effectué à travers une fiche technique. L’analyse statistique avait consisté tout d’abord en la description des caractéristiques de notre population et celle des formes de réponses thérapeutiques. En-suite, nous avons procédé à une analyse bivariée dans le but de rechercher les déterminants de la réponse thérapeutique aux moyens du test Exact de Fisher et celui de Khi carré avec un risque alpha de 5%. A la fin, une analyse multivariée a été faite à travers la méthode d’Analyse des Correspondances Multiples (ACM).
Résultats : La moyenne d’âge de la population d’étude était de 58,02 ± 8,743 ans. La plupart de ces malades était de sexe masculin (Sex Ratio=2,09) et 40,8% était des cadres supérieurs d’administration. La chirurgie antérieure était le principal facteur de risque éventuel de con-tamination (31,2%) et les comorbidités les plus retrouvées étaient l’obésité (33%) et l’HTA et/ou cardiopathie (25,8%). Au plan paraclinique, 53 patients avaient un taux d’alanine ami-notransférase (ALAT) supérieur à la normale (57,1%) ; Concernant la virologie, le sous-type a/c était principalement retrouvé. La moyenne de la charge virale était de 2 883 690 ±3 035 018 UI/mL. 16 malades (17,2% de l’échantillon) présentaient une fibrose au stade F3 ou F4 du score METAVIR. La Réponse virologique rapide était de 47,2%, la réponse virolo-gique précoce était de 88,5% ; 74,2% était des répondeurs. La réponse virologique prolongée était de 63,8% et la réponse thérapeutique globale était de 51,1%. Les effets secondaires majeurs étaient hématologiques (neutropénie : 82,8%). Les déterminants de la réponse théra-peutique retrouvés dans l’analyse bivariée étaient : l’indice de masse corporelle (IMC), le profil lipidique, le taux d’ALAT préthérapeutique, la charge virale en début de traitement et la charge virale à la 4e semaine de traitement. L’analyse multivariée quant à elle n’avait retenu que l’IMC et la charge virale comme déterminants de la réponse thérapeutique.
Conclusion : La réponse thérapeutique de l’hépatite chronique C de génotype 2 est insatisfai-sante dans notre pays: près de la moitié des patients a eu un échec de traitement; Seuls l’IMC et la charge virale sont les déterminants de ladite réponse. On peut se demander si ces fac-teurs ne sont pas inhérents à la race?
Recommandations : Au Ministère de la Santé Publique: Encourager et appuyer toute re-cherche qui sera menée en vue de l’amélioration de la réponse thérapeutique de l’hépatite C de génotype 2.
Aux Hépato-gastroentérologues: (a) Reconsidérer les critères de sélection des malades et une plus grande rigueur dans la tenue des dossiers des patients suivis pour HVC de génotype 2 ;
(b) Discuter la nécessité de réviser les recommandations de la conférence de consensus sur le traitement de l’hépatite C de génotype 2.
A la FMSB/UY1 et ses étudiants: Continuer le travail sur une plus grande cohorte.


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