Etude de la co-infection des mycoplasmes avec le virus de l'immunodéficience humaine dans une population de femmes camerounaises.

Fernande Amandine MBAMBA MAGRA
Gynécologie, Université de Yaoundé I
June, 2013
 

Abstract

Introduction
L’avènement du VIH a entrainé une recrudescence considérable des infections sexuellement transmissibles (IST).C’est ainsi que à cause de la diminution de l’immunité qu’entraine le VIH, les problèmes gynécologiques sont de plus en plus fréquents chez les femmes VIH séropositives. Notre étude a porté particulièrement sur deux germes: Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum qui sont des mycoplasmes uro-génitaux responsables des vaginoses bactériennes (VB).
Objectifs
L’objectif général de cette étude était de déterminer la prévalence des principaux mycoplasmes qui sont : Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum chez les femmes infectées par le VIH. Nous avions pour objectifs spécifiques, de déterminer la fréquence de M.hominis et U.urealyticum chez les femmes séropositives au VIH , de déterminer le profil épidémiologique des femmes infectées par les mycoplasmes uro-génitaux, d’étudier la sensibilité des mycoplasmes identifiés aux antibiotiques et enfin de rechercher une association éventuelle entre l’infection à M.hominis, U.urealyticum et le taux de CD4.
Méthodologie
Il s’agit d’une étude transversale et descriptive. Le recrutement des patientes s’est déroulée du mois de Septembre 2012 au mois d’Avril 2013 dans deux formations sanitaires de la ville de Yaoundé : HDJ de L’HCY et au CHUY. Pour cette étude, 84 femmes VIH séropositives ont été recrutées. Le recrutement s’est déroulé exclusivement à L’HDJ de l’HCY et l’analyse des échantillons s’est déroulée au laboratoire de Bactériologie du CHUY. Ces échantillons étaient ensuite utilisés d’une part pour la recherche des mycoplasmes, leur antibiogramme et leur quantification à l’aide du kit Mycofast Evolution 3 et d’autre part pour la recherche éventuelle d’autres germes pathogènes.
L’état frais était réalisé immédiatement après le prélèvement cervico-vaginal ; les frottis étaient colorés au Gram ensuite la lecture de ces lames se faisait au microscope optique. A la fin des examens biologiques, les fiches techniques étaient remplies.
Les résultats étaient saisis sur le logiciel Excel, et analysés sur le logiciel d’analyse statistique STATA.
Résultats
Au total nous avons travaillé sur 84 femmes VIH séropositives. Parmi celles-ci 90% résidaient à Yaoundé et seulement 10% en banlieue, 70% avaient le niveau d’instruction primaire et seulement 5% avaient un niveau supérieure d’instruction. La moyenne d’âge était de 37 ans avec des extrêmes de 21 et 57 ans. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 31 à 45 ans. Les femmes mariées étaient plus infectées que celles qui étaient célibataires, 42,86% de ces femmes étaient des ménagères. La recherche des mycoplasmes dans notre population d’étude a montré que 71,4% des femmes étaient porteuses de façon générale d’au moins un mycoplasme et 69% étaient réellement infectées et seulement 2,4% des femmes étaient simplement colonisées par les mycoplasmes. On a retrouvé aucune association statistiquement significative entre l’âge et la présence des mycoplasmes.la majorité des femmes n’avaient pas un antécédents génitaux, ce pendant 9,5% des femmes avaient un antécédent d’infection à chlamydia. Sur le plan clinique, le symptôme prépondérant était le prurit vulvaire. Ainsi nous avons trouvé une forte association entre les différents symptômes cliniques (Prurit vulvaire, dyspareunie, inflammation du col de l’utérus) avec les mycoplasmes. Ureaplasma urealyticum était l’espèce la plus fréquente avec 30% alors que Mycoplasma hominis représentait seulement 12%. Les deux étaient associés dans 58% des cas. La majeure partie c'est-à-dire 72,7% des femmes de notre étude avaient un score de Nugent de 7-10, ce qui correspond à une absence totale de la flore vaginale. Quelque soit l’espèce isolée, la coinfection avec Gardnerella vaginalis était la plus fréquente, suivi de l’association avec Candida albicans. Concernant le profil de sensibilité des mycoplasmes aux antibiotiques, 100% des souches étaient sensibles à la josamycine et à la pristinamycine. Les cyclines étaient plus actives que les fluoroquinolones. La majorité de ces femmes avaient un taux de CD4 compris entre 201 et 500, aucune association significative n’a été trouvée entre le taux de CD4 et la présence de mycoplasmes chez ces femmes VIH séropositives (P<0,964).
Conclusion
A la fin de cette étude nous constatons que la majorité des femmes séropositives de notre étude sont infectées par les mycoplasmes uro-génitaux. Par ailleurs il n’existe aucune association entre l’infection à mycoplasmes et le taux de CD4. Ce pendant la présence de ces germes entraine des vaginoses bactérienne et beaucoup d’autres manifestations. La recherche et le traitement de ces germes pourrait contribuer à améliorer, les conditions de vie de ces femmes VIH séropositives.


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